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Les dirigeants africains sont exhortés à maintenir le « courage » dans leurs efforts pour obtenir des réparations pour l’esclavage

Le président ghanéen John Dramani Mahama s’est entretenu avec une délégation internationale réclamant des réparations pour l’esclavage transatlantique et le colonialisme. Cette délégation l’a exhorté à mobiliser les autres dirigeants africains afin qu’ils privilégient le courage au confort et soutiennent le mouvement en pleine expansion.

Composée d’experts d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe, d’Amérique latine et des États-Unis, la délégation a présenté au président Mahama les actions prioritaires inscrites dans le programme de réparations de l’Union africaine (UA), a-t-elle indiqué dans un communiqué publié vendredi.

Cette rencontre intervient alors que le Ghana accueille le Sommet de la diaspora 2025 à Accra, la capitale, où les atrocités liées à l’esclavage et la question des réparations figurent parmi les sujets à l’ordre du jour.

En février, l’UA a lancé une initiative visant à élaborer une vision commune des réparations, allant de la compensation financière et de la reconnaissance officielle des injustices passées aux réformes politiques.

Au moins 12,5 millions d’Africains ont été enlevés et transportés de force par des Européens, puis vendus comme esclaves entre le XVe et le XIXe siècle. Les défenseurs des droits humains affirment qu’il est urgent d’agir pour faire face aux conséquences actuelles de ces crimes, notamment le racisme.

Crimes les plus graves contre l’humanité

Les appels à des réparations se multiplient. Cependant, certains dirigeants européens refusent même d’aborder la question, leurs opposants arguant que les États et les institutions actuels ne devraient pas être tenus responsables des injustices historiques.

Alors que le Ghana est à l’avant-garde du plaidoyer pour les réparations en Afrique, la délégation a insisté sur la nécessité d’une « cohérence stratégique et d’une unité » entre les dirigeants politiques du continent.

Ils ont exhorté Mahama à encourager les autres dirigeants à « privilégier le courage au confort » en se ralliant à la société civile et aux communautés touchées, en Afrique et dans la diaspora, pour exiger des réparations.

La délégation a également rencontré mercredi le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, et l’envoyé spécial de Mahama pour les réparations, Ekwow Spio-Garbrah.

Lors d’un sommet Union européenne-UA à Luanda, capitale de l’Angola, le mois dernier, les dirigeants des deux régions ont reconnu les « souffrances indicibles » causées par l’esclavage et le colonialisme, mais les Européens ne se sont pas engagés sur le versement de réparations.

Au cours de ce sommet, la vice-présidente du Ghana, Jane Opoku-Agyemang, a exhorté les États membres de l’UE à soutenir une résolution de l’ONU que le Ghana s’apprête à adopter, visant à reconnaître l’esclavage comme l’un des « crimes les plus graves contre l’humanité ».

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