Le chef de la diplomatie chinoise a entamé mercredi sa tournée annuelle du Nouvel An en Afrique, axée sur la stratégie du commerce en Afrique de l’Est et australe. Pékin cherche ainsi à sécuriser des routes maritimes et des lignes d’approvisionnement en ressources essentielles.
Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, se rendra en Éthiopie, la grande économie africaine à la croissance la plus rapide ; en Somalie, pays de la Corne de l’Afrique offrant un accès aux principales voies maritimes mondiales ; en Tanzanie, plaque tournante logistique reliant l’Afrique centrale riche en minéraux à l’océan Indien ; et au Lesotho, petite économie d’Afrique australe fragilisée par les mesures commerciales américaines.
Ce voyage, qui se poursuit jusqu’au 12 janvier, vise à mettre en avant les pays considérés comme des partenaires modèles du programme phare d’infrastructures « la Ceinture et la Route » du président Xi Jinping et à développer ses marchés d’exportation, notamment dans les jeunes économies en plein essor comme l’Éthiopie, où le FMI prévoit une croissance de 7,2 % cette année.
La Chine, premier bailleur de fonds bilatéral au monde, fait face à une concurrence accrue de l’Union européenne pour le financement des infrastructures africaines, les pays, fragilisés par le surendettement lié à la pandémie, privilégiant désormais les investissements aux prêts.
« La visite du ministre des Affaires étrangères Wang vise à approfondir la confiance politique et mutuelle », a déclaré un porte-parole du ministère, ajoutant que ce voyage « renforcerait les échanges et la compréhension mutuelle entre les deux grandes civilisations que sont la Chine et l’Afrique ».
Première mission diplomatique en Somalie depuis des décennies
Sa prochaine visite en Somalie sera la première d’un ministre chinois des Affaires étrangères depuis les années 1980 et devrait donner un nouvel élan diplomatique à Mogadiscio, après qu’Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement la République du Somaliland, région sécessionniste du nord du pays qui a proclamé son indépendance en 1991.
Pékin, qui a réaffirmé son soutien à la Somalie après l’annonce israélienne de décembre, souhaite renforcer son influence autour du golfe d’Aden, porte d’entrée de la mer Rouge et corridor essentiel pour le commerce chinois transitant par le canal de Suez vers l’Europe.
Plus au sud, la Tanzanie est un élément central du plan de Pékin visant à sécuriser l’accès aux vastes gisements de cuivre africains. Des entreprises chinoises rénovent la ligne ferroviaire Tazara qui traverse le pays jusqu’en Zambie. Li Qiang a effectué une visite historique en Zambie en novembre, la première d’un Premier ministre chinois en 28 ans.
Cette ligne ferroviaire est largement perçue comme un contrepoids au corridor Lobito, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, qui relie la Zambie aux ports atlantiques via l’Angola et la République démocratique du Congo.
La Chine défend le libre échange au Lesotho
En se rendant au Lesotho, royaume d’Afrique australe, Wang entend souligner la volonté de Pékin de se positionner comme un champion du libre-échange.
L’an dernier, la Chine a offert un accès sans droits de douane à son marché de 19 000 milliards de dollars aux pays les plus pauvres du monde, honorant ainsi un engagement pris par le président chinois Xi Jinping lors du sommet Chine-Afrique de 2024 à Pékin.
Le Lesotho, l’un des pays les plus pauvres du monde avec un produit intérieur brut d’à peine plus de 2 milliards de dollars, a été parmi les plus durement touchés par les droits de douane massifs imposés l’an dernier par le président américain Donald Trump, subissant des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur ses exportations vers les États-Unis.