En Guinée, le général Mamadi Doumbouya a prêté serment samedi en tant que président de la République, après avoir remporté haut la main l’élection de l’année dernière, malgré sa promesse antérieure de ne pas se présenter.
Doumbouya a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire en 2021 et dirige le pays d’une main de fer. En décembre, il a remporté l’élection présidentielle, organisée conformément à une nouvelle constitution qui levait l’interdiction faite aux militaires de se présenter à des fonctions publiques et portait le mandat présidentiel de cinq à sept ans. Doumbouya a été accusé par ses détracteurs de réprimer l’opposition et la dissidence.
Samedi, Doumbouya a prêté serment dans un stade flambant neuf de 55 000 places situé dans la banlieue de Conakry, la capitale, devant un parterre de dirigeants africains et de représentants de la Commission de l’Union africaine et de la Commission de la CEDEAO.
« Je mesure pleinement l’immense responsabilité que le peuple guinéen m’a confiée à l’issue de l’élection présidentielle », a-t-il déclaré. « Ce mandat qui vient de m’être conféré n’est pas un honneur personnel ; c’est un engagement envers le peuple guinéen. Un engagement à relever les différents défis de gouvernance auxquels notre pays est confronté. »
Unité nationale, femmes et jeunesse
Plaçant l’unité nationale au cœur de son message, le président Doumbouya a réaffirmé que « la Guinée est une et indivisible », appelant à un engagement citoyen et à une gouvernance participative pour bâtir « une Guinée de paix et de prospérité ». « On ne construit pas une nation dans la division, ni la prospérité sur la haine », a-t-il insisté.
Le chef de l’État guinéen a également fait des femmes et des jeunes des priorités de son mandat. Soulignant le rôle central des femmes dans le développement, il a affirmé qu’« il n’y a pas de développement durable sans leur pleine participation ». Concernant la jeunesse, il a promis de renforcer les investissements dans l’éducation et la formation, estimant qu’« un pays qui abandonne sa jeunesse compromet son avenir ».
Bien que riche en ressources minérales, la Guinée, qui compte 15 millions d’habitants, est plongée dans la pauvreté pour la moitié de sa population et connaît une insécurité alimentaire sans précédent, selon le Programme alimentaire mondial.
Le projet minier de Simandou, un méga-projet détenu à 75 % par la Chine et exploitant le plus grand gisement de fer au monde, est au cœur des efforts de relance des infrastructures et de l’économie. La production sur le site a débuté fin 2019 après des décennies de retard. Les autorités misent sur ce projet pour créer des milliers d’emplois et stimuler les investissements dans d’autres secteurs, notamment l’éducation et la santé.