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En Libye, Seif al-Islam Kadhafi, fils du défunt président Mouammar Kadhafi, assassiné dans le sud du pays

Seif al-Islam Kadhafi, fils et ancien héritier présomptif du défunt président Mouammar Kadhafi, a été tué en Libye, ont annoncé mardi les autorités libyennes. L’homme de 53 ans a été tué à Zintan, à 136 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Tripoli, selon le parquet libyen.

Dans un communiqué, le parquet a indiqué qu’une première enquête concluait à un assassinat par balle, sans fournir davantage de détails sur les circonstances de sa mort.

Khaled al-Zaidi, l’avocat de Seif al-Islam, a confirmé son décès sur Facebook, sans donner plus de précisions.

Abdullah Othman Abdurrahim, qui représentait Kadhafi lors du dialogue politique mené sous l’égide de l’ONU pour résoudre le long conflit libyen, a également annoncé la nouvelle sur Facebook.

L’équipe politique de Seif al-Islam a publié par la suite un communiqué affirmant que « quatre hommes masqués » avaient pris d’assaut son domicile et l’avaient tué dans un « assassinat lâche et perfide ». Le communiqué précise qu’il s’était opposé aux assaillants, qui avaient désactivé les caméras de vidéosurveillance de la maison « dans une tentative désespérée de dissimuler les traces de leurs crimes odieux ».

Né en juin 1972 à Tripoli, Seif al-Islam était le deuxième fils du de Mouammar Kadhafi. Docteur en économie de la London School of Economics, il était perçu comme le visage réformateur du régime.

Mouammar Kadhafi fut renversé en 2011 par un soulèvement populaire soutenu par l’OTAN, après plus de quarante ans de pouvoir. Il fut tué en octobre 2011 lors des combats qui s’ensuivirent et qui dégénérèrent en guerre civile. Depuis, le pays est plongé dans le chaos et divisé entre groupes armés et milices rivaux.

Seif al-Islam fut capturé par des combattants à Zintan fin 2011 alors qu’il tentait de fuir au Niger voisin. Il fut libéré en juin 2017 après qu’un gouvernement rival libyen lui eut accordé une amnistie. Il vivait depuis à Zintan.

Un tribunal libyen l’a reconnu coupable d’incitation à la violence et de meurtre de manifestants et l’a condamné à mort par contumace en 2015. Il était également recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité liés au soulèvement de 2011.

En novembre 2021, Seif al-Islam a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, une initiative controversée qui a suscité l’indignation des forces politiques anti-Kadhafi dans l’ouest et l’est de la Libye.

Le Haut Comité national électoral l’a disqualifié, mais l’élection n’a pas eu lieu en raison des différends entre les administrations rivales et les groupes armés qui dirigent le pays depuis la chute sanglante de Mouammar Kadhafi.

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