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La Libye attribue de nouveaux blocs pétroliers et gaziers à Chevron, Eni et d’autres entreprises lors du premier cycle d’octroi de licences depuis 2007

La Libye a attribué mercredi des blocs d’exploration pétrolière et gazière à des compagnies pétrolières étrangères, dont Chevron (CVX), Eni, QatarEnergy et Repsol, lors de son premier appel d’offres en près de vingt ans. Cette initiative s’inscrit dans sa volonté de revitaliser le secteur malgré les divisions politiques persistantes.

La Compagnie nationale de pétrole (NOC) a annoncé les lauréats de ce premier appel d’offres depuis 2007, attribuant des zones stratégiques dans les bassins terrestres de Syrte et de Murzuq, ainsi que des blocs offshore dans le bassin de Syrte, en Méditerranée, une région riche en gaz.

Ces attributions témoignent d’un regain d’intérêt de la part des investisseurs étrangers, qui se montraient prudents depuis des années face au contexte opérationnel libyen, sombrant dans le chaos après la chute, en 2011, du président Mouammar Kadhafi.

Le pays demeure politiquement divisé entre deux administrations rivales, à l’est et à l’ouest, et les conflits relatifs à la banque centrale et aux revenus pétroliers entraînent fréquemment des déclarations de force majeure sur des gisements pétroliers clés.

Ce cycle d’octroi de licences, au cours duquel cinq des vingt blocs proposés ont été attribués, fait suite à un accord de développement pétrolier de 25 ans conclu le mois dernier entre le groupe français TotalEnergies et ConocoPhillips (COP).

Des divergences concernant les engagements de forage et les participations ont empêché l’attribution de plusieurs blocs lors du dernier appel d’offres, a déclaré Massoud Suleman, président de la National Oil Corporation, aux journalistes. Il a précisé que ces résultats serviraient à améliorer les conditions des futurs contrats afin de les aligner sur le marché mondial.

Suleman a également indiqué que des négociations supplémentaires pourraient avoir lieu concernant les zones n’ayant reçu aucune offre lors de cet appel d’offres.

Eni et QatarEnergy ont obtenu les droits d’exploitation de la zone offshore 01 dans le bassin de Syrte, renforçant ainsi leur partenariat stratégique qui s’est étendu à toute la Méditerranée.

Un autre consortium composé de Repsol, du hongrois MOL et de la compagnie pétrolière nationale turque TPOC a remporté la zone offshore 07, également située dans le bassin de Syrte.

Chevron (CVX) a obtenu la licence d’exploration du bloc Syrte S4, marquant ainsi son retour significatif dans le bassin terrestre le plus prolifique de Libye.

Dans le bassin méridional de Murzuq, la compagnie pétrolière nigériane Aiteo a obtenu la licence M1, marquant ainsi une rare entrée d’une entreprise africaine indépendante dans le secteur.

L’inclusion de la compagnie turque TPOC dans deux licences distinctes, dont le bloc terrestre C3 avec Repsol, souligne les liens entre Ankara et Tripoli, où siège le Gouvernement d’union nationale internationalement reconnu, dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah.

L’entrée de QatarEnergy sur le marché offshore aux côtés d’Eni pourrait indiquer que la Libye cherche potentiellement à tirer parti de l’expertise gazière de Doha, le pays ambitionnant d’accroître ses exportations de gaz vers l’Europe d’ici 2030.

Ce tour de table a utilisé un nouveau modèle de contrat, plus favorable aux investisseurs, remplaçant ainsi les conditions rigides qui, auparavant, freinaient les investissements. La Libye vise une capacité de production de 2 millions de barils par jour (bpj), contre une production actuelle d’environ 1,4 million de bpj.

« La Libye est un pays prioritaire pour Repsol, qui y perçoit un potentiel continu grâce à des investissements ciblés dans l’exploration, l’amélioration de la production et l’optimisation des infrastructures », a déclaré Repsol dans un communiqué.

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