Le Maroc prévoit de consacrer 3 milliards de dirhams (330 millions de dollars) à la modernisation des infrastructures et au soutien des populations, agriculteurs et entreprises sinistrés par les inondations dans les plaines du nord-ouest du pays, a annoncé jeudi le cabinet du Premier ministre.
Des semaines de pluies torrentielles et les lâchers d’eau des barrages ont inondé des villages, des terres agricoles et la ville de Ksar El Kebir, dans le nord-ouest du pays.
Selon les chiffres officiels, les inondations ont déplacé 188 000 personnes et submergé 110 000 hectares de terres agricoles.
Le gouvernement a déclaré zones sinistrées les municipalités les plus touchées, a annoncé le cabinet du Premier ministre dans un communiqué diffusé par les médias d’État.
Il a précisé que 1,7 milliard de dirhams du budget d’aide seraient consacrés à la réparation des infrastructures essentielles, notamment les routes et les réseaux hydro-agricoles.
Le reste servira au relogement, à la reconstruction des habitations détruites, au soutien aux petites entreprises et à l’aide aux agriculteurs et aux éleveurs.
Les autorités marocaines, appuyées par l’armée, ont installé des camps pour les personnes évacuées et déployé des hélicoptères et des bateaux de sauvetage, a montré la télévision d’État.
L’accès à la ville de Ksar El Kebir, en grande partie désertée, reste interdit depuis que le fleuve Loukkos est sorti de son lit au début du mois, inondant plusieurs quartiers.
Le ministre de l’Eau, Nizar Baraka, a déclaré jeudi que le barrage d’Oued Makhazine, qui avait atteint 160 % de sa capacité, a dû relâcher progressivement de l’eau en aval suite à des apports exceptionnels.
Les précipitations de cet hiver ont été supérieures de 35 % à la moyenne enregistrée depuis les années 1990 et trois fois plus importantes que l’an dernier, a-t-il déclaré.
La couverture neigeuse dans les montagnes de l’Atlas et du Rif a atteint un record de 55 495 km² cet hiver avant de se réduire à 23 186 km², a-t-il précisé, ajoutant que la fonte des neiges contribuerait à remplir davantage les barrages.
Le taux de remplissage des barrages au Maroc a atteint près de 70 %, contre 27 % un an auparavant, plusieurs grands barrages ayant été partiellement vidés pour absorber les nouveaux apports d’eau.
Ces pluies exceptionnelles ont mis fin à une sécheresse de sept ans qui avait contraint le pays à accroître ses investissements dans le dessalement.