Le porte-parole militaire du groupe rebelle M23, Willy Ngoma, a été tué mardi par une frappe de drone de l’armée dans l’est de la République démocratique du Congo, ont indiqué un diplomate régional, un haut responsable rebelle et un conseiller occidental auprès du gouvernement.
Ce meurtre survient alors que les efforts de cessez-le-feu, négociés sous l’égide du Qatar, se poursuivent. Kinshasa et le M23 ont signé à Doha des accords visant à établir un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, auquel participent le Qatar, les États-Unis et l’Union africaine en tant qu’observateurs.
Le M23, que les Nations Unies considèrent comme soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes portions des provinces du Nord et du Sud-Kivu après une offensive éclair l’an dernier, au cours de laquelle les rebelles se sont emparés des villes stratégiques de Goma et Bukavu.
L’attaque a eu lieu près de Rubaya, au Nord-Kivu, vers 3 h du matin (1 h GMT), après plusieurs jours de frappes de drones soutenues menées par l’armée congolaise dans la région, a déclaré à Reuters un haut responsable du M23.
Ngoma était l’une des figures les plus emblématiques de la rébellion. Il s’adressait régulièrement aux médias et publiait des mises à jour militaires alors que les combats s’intensifiaient au Nord-Kivu au cours de l’année écoulée. Sa mort porte un coup dur à la visibilité du groupe, à un moment où les affrontements avec les forces gouvernementales se sont intensifiés autour de Rubaya et d’autres zones stratégiques.
Rubaya est un centre minier stratégique de production de coltan, assurant environ 15 % de l’approvisionnement mondial et constituant ainsi un bastion financier essentiel pour les rebelles du M23.