A LA UNE Economie GHANA

Le Ghana vise une production artisanale d’or de 127 tonnes par an dans le cadre de vastes réformes

Le ministre des Finances du Ghana a annoncé que le pays prévoit de transférer 127 tonnes d’or par an de l’exploitation minière artisanale à petite échelle vers le commerce officiel, dans le cadre de réformes sectorielles. Cette mesure permettra d’accroître les recettes en devises et de réduire les pertes liées à la contrebande.

Les pays africains souffrent d’importantes fuites d’or dues à l’exploitation minière artisanale à petite échelle. Ils perdent chaque année des milliards de dollars de recettes, car l’or non déclaré et de contrebande est acheminé par des frontières poreuses vers des plateformes mondiales comme Dubaï.

Selon Swissaid, la fondation ghanéenne à but non lucratif, le Ghana, premier producteur d’or du continent, a perdu environ 11,4 milliards de dollars entre 2019 et 2023.

L’activité artisanale pourrait produire 20 milliards de dollars par an

Cassiel Ato Forson, membre du Conseil ghanéen de l’or, a déclaré au Parlement qu’il faudrait acheter au minimum 2,45 tonnes d’or issu de l’exploitation minière artisanale à petite échelle par semaine et consolider ces achats dans un circuit officiel visant à générer plus de 20 milliards de dollars de recettes annuelles.

Le GoldBod du Ghana, créé en 2025, et la flambée des prix de l’or ont contribué à porter la production nationale cette année-là à 186 tonnes.

Cassiel Ato Forson a déclaré que, conformément à la nouvelle politique qui entrera en vigueur le mois prochain, GoldBod serait entièrement responsable de la négociation et de la vente des contrats d’achat, ainsi que de tout l’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM) qu’elle se procurerait. L’organisme de réglementation utilisera des produits dérivés et des stratégies de couverture pour gérer le risque de prix et lever des fonds afin de couvrir trois à quatre semaines d’achats d’or.

Actuellement, l’ASM achète son or auprès de la Banque du Ghana

Cassiel Ato Forson a indiqué que GoldBod pourrait mettre en place des incitations tarifaires en achetant l’or au prix spot du marché mondial et en versant des primes aux mineurs agréés.

GoldBod et la Banque du Ghana signeront également un accord stipulant que toutes les devises étrangères issues du programme seront vendues aux banques centrales à un taux convenu.

Le ministre a précisé que les efforts de formalisation seraient étendus aux initiatives environnementales et de contrôle, aux systèmes de traçabilité, à l’expansion des capacités de raffinage locales et aux réformes visant à réduire les coûts d’exploitation.

Le Ghana poursuit également des réformes du système financier du secteur minier, qui, selon certains, freine l’investissement et ralentit la production.

Reuters

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X