La cour d’appel de Tunis a réduit la peine de prison de l’ancien Premier ministre Ali Larayedh de dix ans, la ramenant à 24 ans, après sa condamnation pour terrorisme, a annoncé son avocat vendredi.
Depuis son arrestation fin 2022, M. Larayedh a toujours nié avoir aidé à envoyer des combattants djihadistes en Irak et en Syrie, et ses avocats ont dénoncé une affaire à motivation politique.
L’année dernière, l’ancien Premier ministre avait été condamné à 34 ans de prison. Cependant, un arrêt rendu dans la nuit par la cour d’appel a ramené sa peine à 24 ans, a indiqué à l’AFP son avocat, Oussama Bouthelja.
Ali Larayedh a été Premier ministre de 2013 à 2014. Il était un dirigeant du parti islamiste Ennahdha, qui a brièvement gouverné la Tunisie après le soulèvement populaire de 2011, à l’origine du Printemps arabe.
Il est un critique du président Kaïs Saïed. Parmi les autres personnes poursuivies dans cette affaire figuraient d’anciens responsables de la sécurité et un porte-parole d’Ansar al-Sharia, un groupe que la Tunisie a désigné comme organisation terroriste en 2013, alors que Larayedh était Premier ministre.
La cour d’appel a réduit les peines de plusieurs autres personnes impliquées dans cette affaire, les peines de prison allant désormais de trois à 24 ans.
Ennahdha a joué un rôle clé dans la vie politique tunisienne pendant des années avant que son chef, Rached Ghannouchi, ne soit condamné à de multiples peines de prison, dont 22 ans pour complot contre la sûreté de l’État.
Larayedh avait déjà passé 15 ans en prison, dont 10 en isolement, pour complot contre l’État sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, qui a longtemps dirigé le pays et a été renversé lors du Printemps arabe.
L’ONU a indiqué qu’environ 5 500 Tunisiens ont combattu au sein de groupes djihadistes, notamment l’État islamique, en Irak, en Syrie et en Libye entre 2011 et 2016.