Les États-Unis et la République démocratique du Congo ont signé jeudi un partenariat sanitaire de 1,2 milliard de dollars, ont annoncé les gouvernements des deux pays dans un communiqué conjoint.
Le département d’État américain a précisé qu’il fournirait jusqu’à 900 millions de dollars sur les cinq prochaines années pour aider le pays à lutter contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme, la mortalité maternelle et infantile, ainsi que d’autres maladies infectieuses. Le gouvernement congolais s’engagera, quant à lui, à augmenter ses dépenses de santé nationales de 300 millions de dollars sur la même période, selon le communiqué.
Il s’agit du dernier accord en date conclu par les États-Unis avec plus d’une douzaine de pays africains, dont beaucoup, comme la République démocratique du Congo, ont subi des coupes budgétaires dans l’aide américaine.
Ces coupes budgétaires ont paralysé les systèmes de santé dans les pays en développement, notamment en Afrique, où de nombreux pays dépendaient de ce financement pour des programmes essentiels, notamment ceux destinés à lutter contre les épidémies.
Le département d’État a signé, jeudi, 19 partenariats bilatéraux en matière de santé mondiale avec des pays africains.
L’administration Trump affirme que ces nouveaux accords de financement de la santé mondiale, baptisés « L’Amérique d’abord », visent à renforcer l’autonomie des pays africains et à éliminer ce qu’elle qualifie de priorités idéologiques et de gaspillage dans l’aide internationale. Ces accords remplacent un ensemble disparate d’accords de santé antérieurs conclus sous l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), désormais dissoute.
Selon les analystes, cette nouvelle approche de la santé mondiale s’inscrit dans la lignée de la politique transactionnelle du président américain Donald Trump à l’étranger, consistant à privilégier les échanges directs avec les gouvernements étrangers pour promouvoir son programme international.
L’annonce du partenariat entre les États-Unis et le Congo intervient le jour même où les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont exprimé leurs inquiétudes quant aux clauses de certains accords qui, pour bénéficier d’un financement, exigent des pays qu’ils partagent avec Washington des données sur les virus susceptibles de provoquer des épidémies sur leur territoire.
« La question des données et du partage des agents pathogènes suscite de vives inquiétudes », a déclaré aux journalistes le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique.
Mercredi, les négociations sur un accord de financement de la santé entre les États-Unis et le Zimbabwe ont échoué, le pays ayant refusé de partager des données sanitaires sensibles.
On ignore si une telle exigence fait également partie du partenariat sanitaire entre les États-Unis et la République démocratique du Congo.
Associated Press
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