La Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, envisage des mesures de régulation de la production et des exportations afin de stabiliser les prix en baisse de cette matière première essentielle à la production d’aluminium.
Cette initiative intervient alors que les prix de la bauxite ont quasiment été divisés par deux depuis début 2025, malgré une hausse de plus de 25 % des exportations guinéennes en 2024, atteignant 183 millions de tonnes.
Politique visant à freiner la baisse des prix
Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, a déclaré que le gouvernement collabore avec les entreprises minières afin de limiter la production conformément aux plans approuvés. Précisant l’objectif, il a indiqué : « Cette politique vise à réguler la production de bauxite afin de prévenir la baisse des prix et, par conséquent, d’éviter une diminution des recettes des entreprises et des recettes fiscales de l’État. »
Le gouvernement a enjoint les exploitants miniers de ne pas dépasser les niveaux de production spécifiés dans leurs permis, constatant que la production réelle avait, dans certains cas, dépassé les limites autorisées.
« Cette décision entrera en vigueur dans les prochaines semaines et vise à aligner les volumes de production et d’exportation en 2026 sur les niveaux définis dans l’étude de faisabilité », a ajouté M. Sylla.
Il a également précisé que l’objectif n’est pas une interdiction pure et simple : « Nous ne cherchons pas à interdire les exportations, mais plutôt à réguler la production et l’exportation de bauxite. »
Dynamique de l’offre, valeur ajoutée et implications mondiales
La décision stratégique de la Guinée intervient dans un contexte d’incertitude accrue sur le marché mondial de l’aluminium. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient affectent déjà environ 9 % de la capacité de production mondiale d’aluminium et, par conséquent, les échanges commerciaux.
Toutefois, l’efficacité de cette politique pour faire remonter les prix reste incertaine, car des fournisseurs alternatifs comme l’Australie et le Brésil pourraient compenser toute réduction de l’offre.
Parallèlement aux contrôles à l’exportation, la Guinée cherche également à renforcer ses capacités de transformation nationales. Le gouvernement a récemment révoqué une licence minière détenue par une filiale d’Emirates Global Aluminium, cette dernière n’ayant pas respecté ses engagements de construction d’une raffinerie d’alumine. L’actif a été transféré à une entité publique.
La position de la Guinée fait suite à des mesures similaires de contrôle des ressources en Afrique. La République démocratique du Congo a suspendu ses exportations de cobalt et instauré des quotas, tandis que le Zimbabwe a récemment interrompu ses exportations de concentrés et de minerais de lithium.