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L’Égypte va geler certains projets gouvernementaux pendant deux mois en raison de la guerre en Iran, a déclaré le Premier ministre

L’Égypte va ralentir les travaux sur les mégaprojets énergivores pendant deux mois, instaurer le télétravail obligatoire le dimanche sur les lieux de travail gouvernementaux et réduire de 30 % les allocations de carburant du gouvernement, a annoncé samedi le Premier ministre Mostafa Madbouly, évoquant l’impact des tensions régionales.

Ces mesures visent à freiner la consommation d’énergie, la facture mensuelle des importations de pétrole de l’Égypte ayant plus que doublé – passant de 1,2 milliard de dollars en janvier à 2,5 milliards en mars – en raison du conflit israélo-américain contre l’Iran.

Lors d’une conférence de presse, M. Madbouly a présenté les plans d’urgence du gouvernement face à l’escalade des tensions régionales, précisant que des mesures supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires si le conflit irano-américain persistait plusieurs mois.

Il a indiqué que tous les ministres avaient reçu pour instruction d’identifier les grands projets en cours, grands consommateurs de diesel et d’essence, afin de mettre en œuvre le ralentissement de la production pendant deux mois.

À compter du premier dimanche d’avril, le télétravail sera obligatoire dans la plupart des secteurs de l’administration, a-t-il souligné.

Cette décision, a-t-il ajouté, fait suite à une étude du ministère de l’Électricité démontrant qu’une réduction de la présence au bureau diminue significativement la consommation d’électricité des bâtiments et la consommation de carburant liée aux transports.

Cette politique ne s’applique pas aux services essentiels — comme l’eau, le gaz et le traitement des eaux usées — ni aux établissements de santé tels que les hôpitaux et les services d’urgence.

Selon M. Madbouly, les écoles et les universités maintiendront également un enseignement en présentiel pour les six dernières semaines de l’année scolaire afin d’éviter toute perturbation.

Madbouly a précisé que, bien que le plan actuel prévoie une journée de télétravail par semaine, le gouvernement est prêt à l’étendre à deux jours si la crise énergétique persiste.

L’annonce de samedi fait suite à une première série de mesures d’économie d’énergie visant à rationaliser la consommation d’électricité, notamment la fermeture anticipée obligatoire des commerces.

En vertu de ces règles, les magasins, les centres commerciaux, les restaurants et les cafés doivent fermer à 21 h — et à 22 h les vendredis et samedis — pendant un mois à compter de samedi.

L’éclairage public a également été réduit au minimum et tous les éclairages en bord de route ont été éteints.

Parallèlement, le gouvernement a augmenté les prix des carburants de 14 % à 30 %, à compter du 10 mars.

Lors de la conférence de presse de samedi, le Premier ministre égyptien a affirmé que les récentes hausses « exceptionnelles » des prix du carburant ne représentent que moins d’un tiers des augmentations réelles des coûts mondiaux.

Pour protéger les citoyens d’une forte hausse de l’inflation, il a déclaré que le gouvernement continue d’en absorber la majeure partie en attendant la stabilisation des marchés.

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