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Au Zimbabwe, une audience sur un projet d’amendement constitutionnel dégénère en chaos

Au Zimbabwe, une audition publique parlementaire sur le projet de loi d’amendement constitutionnel a dégénéré en chaos mardi après que des jeunes militants du parti au pouvoir ont perturbé les débats au Centre sportif municipal de Harare, la capitale du pays, entraînant leur interruption brutale. 

Des témoins ont rapporté que des groupes se réclamant du parti Zanu PF ont envahi les lieux, scandant des slogans et empêchant les opposants de prendre la parole, transformant la consultation en un face-à-face tendu. Cette audition s’inscrivait dans le cadre des consultations nationales organisées cette semaine.

Selon la presse locale, des journalistes se sont retrouvés piégés à l’intérieur du bâtiment, certains jeunes exigeant qu’ils effacent les images de leurs téléphones portables et appareils photo.

Les participants ont décrit un processus rigoureusement encadré avant l’incident, avec environ 150 intervenants présélectionnés soutenant massivement le projet de loi controversé, ce qui a soulevé des doutes quant à la crédibilité de l’exercice.

Des tensions sont apparues lorsque des voix dissidentes ont tenté de s’exprimer, provoquant des échauffourées dans la salle. L’avocat des droits de l’homme Doug Coltart a déclaré avoir été agressé pendant la mêlée et s’être fait voler son téléphone portable.

Cet incident vient s’ajouter aux critiques croissantes des organisations de la société civile et des acteurs de l’opposition, qui affirment que les consultations ne sont ni libres ni représentatives, malgré le programme de consultation national du Parlement.

Les travaux parlementaires à Harare ont été de facto interrompus, marquant l’une des séances les plus tumultueuses depuis le début des auditions.

Ailleurs, à Makande, dans la zone rurale de Kariba, environ 400 personnes ont participé à une réunion de concertation similaire. La plupart des participants ont exprimé leur soutien au projet de loi, soulignant son potentiel pour l’émancipation des communautés marginalisées. Les participants venaient de Makande, Kudzanayi, Kariba Urban et Musambakaruma, des zones largement considérées comme des bastions du Zanu PF.

Cependant, certains participants ont affirmé que des personnes avaient été transportées d’autres régions pour gonfler les chiffres, ce qui soulève des questions quant à la légitimité de la participation. Un villageois, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré que beaucoup ne comprenaient pas pleinement le projet de loi et se contentaient de suivre les directives du parti.

Le projet de loi, s’il était adopté, permettrait au président Emmerson Mnangagwa, de rester au pouvoir deux années supplémentaires après son mandat actuel, qui expire en 2028. Il transférerait également l’élection du président du suffrage universel au Parlement et porteraient la durée des mandats du président et des parlementaires de cinq à sept ans.

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