Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement promulgué, le 27 mars 2026, la loi n°2026-08 modifiant l’article 319 du Code pénal, relatif aux actes dits « contre nature ». Publié dans le Journal officiel, elle entre en vigueur dans un contexte marqué par une série d’arrestations, dont plusieurs hommes de médias.
Adoptée par 138 députés sur 165 lors d’une plénière tenue le 11 mars, cette loi vient modifier l’article 319 du Code pénal qui prévoyait une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans et une amende comprise entre 100 mille et 1 million francs CFA pour l’acte contre nature.
La nouvelle loi définit l’acte contre nature comme « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe ou tout acte sexuel ou à caractère sexuel commis sur un cadavre ou un animal » et punit l’acte délictuel d’un « emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende comprise entre 2 et 10 millions de francs CFA ».
Les juges ne peuvent ni prononcer le sursis ni réduire la peine en deçà du minimum légal, le maximum étant appliqué automatiquement lorsque les faits concernent un mineur.
Autre innovation majeure : la loi ne se limite plus aux actes eux-mêmes. Elle criminalise aussi leur promotion. Ainsi, toute apologie publique, par la parole, l’écrit, l’image ou tout autre moyen, visant à promouvoir l’homosexualité, la bisexualité, la transsexualité, ainsi que d’autres pratiques assimilées, est désormais considérée comme une infraction. Cette disposition élargit considérablement le champ d’application du texte, en intégrant les expressions publiques, y compris sur les réseaux sociaux.
La loi a été votée dans un contexte marqué par une série d’arrestations récentes, dont plusieurs hommes de médias, et s’inscrit, selon le gouvernement, dans une volonté de renforcer la protection des personnes vulnérables et de préserver les valeurs sociétales. A ce jour, au moins 52 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’opérations toujours en cours.
Le Sénégal fait partie des 32 pays africains sur 54 pénalisant durement les relations entre personnes de même sexe. Les plus dures sanctions sont appliquées par la Mauritanie, l’Ouganda et le Nigeria dans sa partie Sud qui prévoient tous la peine de mort.
Suivent des pays tels que la Zambie, la Tanzanie, le Soudan qui la punissent de la prison à vie.
L’Angola, le Mozambique, le Botswana, le Cap Vert ont décriminalisé quant à eux les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe.
L’Afrique du Sud demeure, à ce jour, le seul pays du continent à avoir autorisé, depuis 2006, l’union entre deux personnes de même sexe.
Prudence AGBALETI