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Nigeria : l’armée sous pression après une série d’attaques dans l’État de Borno

Dans le nord-est du Nigeria, la situation sécuritaire connaît une nouvelle dégradation. L’État de Borno est le théâtre d’attaques répétées contre les forces armées, tandis qu’une bataille de l’information oppose désormais l’armée à certains médias.

Les violences les plus récentes remontent à lundi, avec la mort du colonel IA Muhammad. L’officier a été tué près de Monguno, alors qu’il se dirigeait avec ses hommes pour appuyer une position militaire déjà ciblée. Selon plusieurs sources, leur convoi aurait été frappé par un engin explosif improvisé déclenché à distance, entraînant également des pertes dans les rangs des soldats.

Quelques jours plus tôt, le 9 avril, une autre attaque d’envergure avait déjà frappé les forces nigérianes à Benisheikh. Le général Oseni Braimah, à la tête de la 29ᵉ Brigade engagée dans l’opération HADIN KAI, a été tué lors de l’assaut. L’attaque, attribuée à des combattants affiliés à l’ISWAP, visait directement le quartier général de la brigade et aurait fait plusieurs victimes.

Des bilans contestés par l’armée

Au lendemain de ces événements, le 10 avril, le commandement de l’opération HADIN KAI a réagi publiquement pour contester certaines informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué, l’armée dénonce des chiffres jugés exagérés, voire erronés.

Contrairement aux bilans avancés par certaines sources évoquant un nombre élevé de victimes, l’état-major affirme que quatre militaires (deux officiers et deux soldats) ont perdu la vie lors de l’attaque de Benisheikh. Les autorités rejettent toute autre version, qu’elles considèrent comme non fiable.

L’armée a également tenu à démentir des informations concernant les conditions de l’attaque. Elle assure notamment que le commandant tué se trouvait à bord d’un véhicule blindé résistant aux mines, et non dans un véhicule défectueux comme cela a pu être avancé.

Une guerre aussi sur le terrain de l’information

Au-delà des combats, les autorités militaires dénoncent une circulation de contenus trompeurs en ligne. Selon elles, certaines images et vidéos diffusées seraient sorties de leur contexte, contribuant à alimenter la confusion et à amplifier la perception des pertes.

Malgré ces attaques, l’armée affirme avoir repoussé l’offensive menée à Benisheikh et maintenu sa position dans la zone.

Cette séquence illustre une montée en intensité des actions menées par des groupes armés liés à Boko Haram et à sa branche dissidente, l’ISWAP, dans une région déjà fragilisée. Elle met également en lumière une autre dimension du conflit : celle de la communication, où chaque version des faits devient un enjeu stratégique.

Prudence AGBALETI

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