Face à la pression persistante sur le pouvoir d’achat, le Nigeria a décidé d’assouplir sa politique douanière. À compter du 1er juillet, plusieurs produits de grande consommation et biens stratégiques bénéficieront d’une baisse des droits de douane, une mesure visant à freiner la flambée des prix et à soutenir l’économie nationale.
Dans le détail, des denrées essentielles comme le riz, le sucre ou encore l’huile de palme sont concernées, aux côtés des véhicules particuliers et de certains matériaux de construction. Les nouvelles grilles tarifaires prévoient notamment une taxation des voitures ramenée à 40 %, celle du riz en vrac à 47,5 %, tandis que le sucre brut sera soumis à des droits oscillant entre 55 % et 57,5 %. L’huile de palme, quant à elle, sera désormais taxée à 28,75 %.
Le gouvernement va plus loin en introduisant des exonérations ciblées. Les véhicules électriques, les bus destinés au transport public ainsi que les équipements industriels ne seront plus soumis à ces taxes. Une orientation qui traduit la volonté des autorités d’encourager les investissements, tout en accélérant la modernisation de l’appareil productif.
Cette réforme s’inscrit dans la stratégie économique portée par le président Bola Ahmed Tinubu, déterminé à juguler l’inflation. Bien que la hausse des prix ait amorcé un ralentissement, autour de 15 % en février après avoir culminé à près de 33 % fin 2024, le niveau reste élevé et continue d’affecter lourdement les ménages comme les entreprises.
Au-delà des facteurs internes, le Nigeria doit composer avec un environnement économique mondial incertain. La hausse des coûts de l’énergie, alimentée par des tensions géopolitiques persistantes, pèse sur les équilibres économiques du pays.
Le ministre des Finances, Wale Edun, a indiqué que le gouvernement entend mobiliser des appuis internationaux lors des prochaines rencontres avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Dans le même temps, la flambée des prix du carburant (en hausse de plus de 50 %) continue d’alourdir les coûts de transport et de production, compliquant davantage les efforts de stabilisation économique.
Prudence AGBALETI