Le Togo affiche ses ambitions diplomatiques dans un contexte régional en recomposition. Lors d’une réunion à Lomé, le ministère des Affaires étrangères a présenté, samedi, une nouvelle stratégie pour la période 2026-2028, avec pour objectif de faire du pays un « pont » entre les États du Sahel et la communauté internationale.
Cette feuille de route vient remplacer celle adoptée en 2021, qui a encadré l’engagement togolais dans la région au cours des quatre dernières années. Les autorités entendent désormais renforcer leur rôle de médiateur, en capitalisant sur leur position géographique et leur ancrage diplomatique.
« Le Togo est prêt à mettre son expertise en matière de médiation et son ancrage régional au service de la stabilité, en jouant le rôle de passerelle entre le Sahel et la communauté internationale au sens large », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey.
La rencontre de haut niveau a rassemblé plusieurs acteurs clés de la scène régionale et internationale, notamment des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que des pays membres de l’Alliance des États du Sahel : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Des représentants des Nations unies, ainsi que des personnalités africaines et européennes, ont également pris part aux échanges.
Les discussions ont largement porté sur les enjeux sécuritaires, au cœur des préoccupations régionales. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a insisté sur la nécessité d’une coopération plus cohérente. Il a notamment appelé à « mettre fin à l’accueil de forces étrangères hostiles » et à harmoniser la définition du terrorisme pour renforcer l’efficacité des actions conjointes.
De son côté, l’envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Guilhou, a souligné l’évolution du contexte sécuritaire. « C’est toute l’architecture sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest qui est désormais menacée », a-t-il affirmé, rappelant le rôle joué par la France aux côtés des armées de la région, avant son retrait lorsque sa présence n’était plus souhaitée.
Cette initiative diplomatique intervient dans un climat de recomposition régionale marqué par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, un tournant qui redéfinit les équilibres et les mécanismes de coopération en Afrique de l’Ouest.
En se positionnant comme un intermédiaire entre le Sahel et ses partenaires internationaux, le Togo entend ainsi contribuer à la relance du dialogue et à la recherche de solutions concertées face aux défis sécuritaires persistants dans la région.
Prudence AGBALETI