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Kenya-France : plus d’un milliard d’euros d’accords signés à Nairobi entre Macron et Ruto

Le Kenya et la France ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique et stratégique. En visite à Nairobi ce dimanche10 mai, le président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto ont officialisé onze accords de coopération représentant plus d’un milliard d’euros d’investissements.

Les signatures sont intervenues à la veille du sommet « Africa Forward », rendez-vous diplomatique et économique consacré aux relations entre l’Afrique et la France, prévu lundi et mardi dans la capitale kényane.

Parmi les projets annoncés figure la modernisation du réseau ferroviaire de banlieue de Nairobi. Le chantier, évalué à 83 millions d’euros, vise à fluidifier les déplacements dans la capitale kényane grâce à une meilleure connexion avec les villes périphériques de Siokimau, Mbakasi, Ruiru et Kikuyu.

Les deux pays ont également conclu un accord portant sur la création d’une coentreprise dédiée aux infrastructures portuaires et logistiques. Le projet représente un investissement estimé à 800 millions de dollars.

Le groupe maritime français CMA CGM prévoit en parallèle la rénovation de deux terminaux du port de Mombasa. Le montant annoncé atteint 700 millions d’euros.

Le nucléaire et l’éolien au cœur du partenariat énergétique

La coopération énergétique occupe une place centrale dans les accords signés à Nairobi. Paris et Nairobi ont conclu un partenariat dans le nucléaire civil afin d’accompagner les ambitions énergétiques du Kenya, qui souhaite produire 10 000 mégawatts supplémentaires au cours des sept prochaines années.

L’extension du parc éolien de Kipeto fait aussi partie des projets validés. Les travaux doivent permettre d’ajouter 100 mégawatts à la capacité actuelle du site pour un investissement estimé à 250 millions de dollars.

Les deux États ont par ailleurs signé plusieurs accords dans les secteurs du numérique, de la météorologie, de l’agriculture intelligente, de la production de carburants durables, de l’économie bleue et de la pêche.

Le thé pourpre kényan figure également parmi les produits concernés par cette coopération économique. Nairobi veut désormais faciliter son accès aux circuits de distribution français.

Macron et Ruto affichent une relation « stratégique »

Lors de la conférence de presse conjointe, William Ruto a insisté sur le caractère historique des relations entre les deux pays. Le chef de l’État kényan a rappelé que la France figurait parmi les premiers États à reconnaître l’indépendance du Kenya en 1963.

Selon lui, ce nouveau sommet traduit une évolution des rapports entre Paris et les capitales africaines vers « un partenariat plus inclusif », fondé sur la souveraineté des États et les intérêts communs.

Emmanuel Macron a, de son côté, mis en avant la progression des investissements français au Kenya. Le président français a indiqué que les investissements cumulés de la France étaient passés de 3 milliards d’euros sur trente ans à 1,8 milliard d’euros au cours de la seule dernière décennie.

Le nombre d’entreprises françaises implantées au Kenya est également passé de 35 en 2012 à 140 aujourd’hui, avec environ 36 000 emplois directs créés, selon l’Élysée.

Interrogé sur l’absence du Mali, du Burkina Faso et du Niger au sommet « Africa Forward », Emmanuel Macron a assuré que plusieurs dirigeants ouest-africains participeront aux travaux, notamment ceux du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, ainsi que des représentants d’Afrique centrale comme le Gabon et la RDC.

Le président français a estimé que les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) avaient eux-mêmes choisi de rester à l’écart de la rencontre. Il a toutefois précisé que des représentants de la société civile, des artistes et des entrepreneurs issus de ces pays prendront part aux échanges.

Le sommet « Africa Forward » constitue une première dans l’histoire des rencontres Afrique-France. Jamais un tel rendez-vous n’avait été organisé hors de France ou d’un pays francophone depuis plus d’un demi-siècle.

Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement africains sont attendus à Nairobi, aux côtés de près de 6 000 participants issus du monde économique.

Les discussions porteront notamment sur le financement du développement, la réforme de l’architecture financière internationale, la santé, les infrastructures numériques ainsi que les transitions énergétiques sur le continent africain.

Prudence AGBALETI

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