Condamné à 20 ans de prison dans l’affaire des événements de Mandakao, l’ancien Premier ministre tchadien Succès Masra voit son recours en cassation examiné ce 21 mai par la Cour suprême. Une audience très suivie dans un climat politique toujours sensible au Tchad.
La bataille judiciaire de Succès Masra entre dans une nouvelle phase. La Chambre judiciaire de la Cour suprême du Tchad, réunie en Section pénale, doit examiner ce jeudi 21 mai 2026 le pourvoi en cassation introduit par l’ancien chef du gouvernement dans le dossier des événements de Mandakao.
Le leader du parti Les Transformateurs avait été condamné à 20 ans de prison par la Cour d’appel de N’Djaména. La décision avait été rendue le 9 août 2025 à travers l’arrêt criminel n°018/25, dans une affaire liée aux violences meurtrières survenues à Mandakao.
Estimant cette condamnation contestable, Succès Masra a décidé de saisir la plus haute juridiction du pays afin d’obtenir la cassation de l’arrêt rendu en appel.
Pour cette audience, l’opposant sera défendu par un collectif d’avocats dirigé par Me Kadjilembaye Francis. En face, le ministère public ainsi que l’État tchadien seront représentés par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), assistée d’un collège d’avocats composé notamment de Mes Abdoulaye Adam Bahar, Pamkéré Wouzé et Fréddy Solalbaye.
Une audience aux enjeux politiques majeurs
Au-delà de l’aspect strictement judiciaire, cette audience est suivie de près par la classe politique tchadienne et plusieurs observateurs internationaux.
Figure majeure de l’opposition ces dernières années, Succès Masra reste un acteur central du débat politique au Tchad. Son parcours, marqué par une forte mobilisation populaire et plusieurs épisodes de tensions avec les autorités, donne à cette procédure une portée qui dépasse le simple cadre pénal.
La décision attendue de la Cour suprême pourrait ainsi influencer l’avenir politique de l’ancien Premier ministre, mais aussi redéfinir les rapports entre pouvoir et opposition dans un contexte politique encore fragile.
Selon l’issue de l’examen du pourvoi, la haute juridiction pourrait confirmer la condamnation, casser l’arrêt rendu par la Cour d’appel ou ordonner un nouveau procès.
Prudence AGBALETI