Réunis mardi à Bamako, les responsables sanitaires maliens ont passé en revue les dispositifs de prévention contre Ebola et l’hantavirus. Bien qu’aucun cas n’ait été détecté dans le pays, les autorités maintiennent un niveau élevé de vigilance, notamment à l’approche de la Tabaski et dans un contexte régional marqué par plusieurs alertes sanitaires en Afrique.
Le Mali veut éviter toute surprise sanitaire. À Bamako, les autorités ont réaffirmé mardi leur volonté de renforcer les mécanismes de prévention contre Ebola et l’hantavirus, deux maladies jugées préoccupantes dans le contexte actuel de circulation régionale des personnes et des risques épidémiques transfrontaliers.
La réunion stratégique, présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Abdoulaye Guindo, a rassemblé les principaux responsables techniques du secteur sanitaire ainsi que plusieurs partenaires internationaux, dont le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Mali.
Au centre des échanges : l’évaluation des capacités nationales de surveillance, de détection rapide et de riposte en cas d’apparition d’un foyer épidémique. Les autorités ont insisté sur le fait qu’aucun cas confirmé d’Ebola ni d’hantavirus n’a été enregistré sur le territoire malien à ce jour. Toutefois, la situation sanitaire observée dans certains pays voisins pousse Bamako à maintenir un dispositif de veille renforcé.
Les responsables sanitaires suivent notamment avec attention les cas signalés récemment en République démocratique du Congo et en Ouganda concernant Ebola. Dans ce contexte, les importants mouvements de populations attendus à l’occasion de la Tabaski constituent une source supplémentaire de préoccupation, particulièrement dans les zones frontalières et les grands centres urbains.
Les participants ont ainsi examiné les systèmes d’alerte précoce, les contrôles sanitaires aux frontières, les procédures de notification des cas suspects ainsi que les capacités des laboratoires nationaux. L’état des stocks stratégiques a également été abordé, notamment la disponibilité des équipements de protection individuelle, des produits de désinfection, des réactifs et du matériel médical nécessaire à une éventuelle prise en charge.
Pour les autorités maliennes, l’expérience acquise lors de l’épidémie d’Ebola de 2014 demeure un repère majeur. À l’époque, le Mali avait enregistré plusieurs cas importés depuis la Guinée, alors épicentre de la crise qui avait durement frappé l’Afrique de l’Ouest.
Cette période avait conduit les autorités à renforcer considérablement leurs dispositifs sanitaires, en misant sur la détection rapide des cas suspects, l’isolement immédiat des patients, le suivi rigoureux des contacts ainsi que la sécurisation des frontières et des enterrements à risque.
Depuis cette crise, Bamako affirme avoir amélioré ses capacités de coordination entre les structures de santé, les laboratoires spécialisés, les autorités locales et les partenaires techniques internationaux. Les responsables sanitaires estiment aujourd’hui que la rapidité du diagnostic, la formation continue du personnel médical et l’implication des communautés restent des leviers essentiels pour limiter toute propagation.
Concernant l’hantavirus, les autorités souhaitent également renforcer la détection précoce des cas suspects. Cette maladie, généralement transmise par des rongeurs infectés, présente des symptômes parfois similaires à ceux d’autres infections fébriles ou respiratoires, ce qui peut compliquer son identification rapide.
Les partenaires sanitaires ont enfin plaidé pour un financement durable des dispositifs de prévention et de riposte. Les besoins concernent notamment la logistique médicale, les équipements spécialisés, le renforcement des laboratoires, la formation des agents de santé et le maintien d’équipes d’intervention rapide opérationnelles sur l’ensemble du territoire.
Situé au croisement de plusieurs axes migratoires et commerciaux en Afrique de l’Ouest, le Mali considère désormais la surveillance épidémiologique comme un enjeu permanent de sécurité sanitaire nationale. Les autorités entendent ainsi capitaliser sur les enseignements tirés depuis 2014 afin de prévenir toute nouvelle crise liée à l’importation d’une maladie hautement contagieuse.
Prudence AGBALETI