Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a nommé, lundi soir, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre, tournant ainsi la page du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Cette décision marque une étape majeure dans la recomposition du pouvoir exécutif et législatif sénégalais, sur fond de réorganisation institutionnelle au sommet de l’État.
L’annonce a été faite à travers un décret présidentiel diffusé sur la télévision nationale, quelques jours seulement après le limogeage d’Ousmane Sonko et la dissolution du gouvernement. En choisissant Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, le chef de l’État mise sur une figure réputée discrète, technocrate et proche des cercles présidentiels.
Jusqu’ici ministre auprès du président chargé du suivi de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », le nouveau chef du gouvernement possède un solide parcours administratif. Ancien ministre-secrétaire général du gouvernement, il est considéré comme l’un des artisans techniques des réformes institutionnelles engagées depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Faye–Sonko.
Cette nomination intervient dans un climat politique particulièrement sensible, alors que l’Assemblée nationale sénégalaise s’apprête à vivre une importante transition institutionnelle. Le Bureau du Parlement a officiellement pris acte, dimanche, de la démission de son président, Malick Ndiaye. Dans un communiqué signé par le Premier vice-président de l’institution, Ismaïla Diallo, cette décision a été qualifiée de « geste hautement républicain ».
Dans la foulée, la Conférence des présidents de l’Assemblée a convoqué une séance plénière prévue ce mardi 26 mai à 9 heures. Les députés devront notamment examiner la réintégration parlementaire d’Ousmane Sonko, qui avait suspendu son mandat de député après son accession à la Primature. Cette procédure s’appuie sur les dispositions de l’article 124 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
La séance sera également consacrée à l’élection d’un nouveau président du Parlement, dans un contexte où la majorité issue du Pastef cherche à maintenir sa cohésion politique malgré les récents changements à la tête de l’exécutif.
Le retour attendu d’Ousmane Sonko à l’hémicycle pourrait lui permettre de conserver une influence déterminante au sein de la majorité parlementaire. Même éloigné de la Primature, l’ancien chef du gouvernement demeure une figure centrale du paysage politique sénégalais et un acteur clé de l’équilibre du pouvoir au sein du régime.
À travers la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, le président Bassirou Diomaye Faye semble vouloir privilégier une gouvernance davantage axée sur la stabilité administrative, le pilotage des réformes et l’accélération des priorités économiques définies dans le programme « Sénégal 2050 ».
Prudence AGBALETI