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Le Bénin affiche sa volonté de jouer un rôle de médiateur au sein de la Cédéao

Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a réaffirmé la place du Bénin au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tout en plaidant pour une relance du dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte régional toujours marqué par des tensions diplomatiques et sécuritaires.

Au lendemain de son investiture, le chef de l’État béninois a reçu à Cotonou le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. Les échanges ont porté sur les enjeux de stabilité politique, de coopération économique et de lutte contre l’insécurité dans l’espace ouest-africain.

Cette rencontre intervient dans une période sensible pour la sous-région, alors que les relations entre certains États membres de la CEDEAO et les pays de l’AES restent profondément fragilisées depuis leur rupture avec l’organisation communautaire.

Lors de son discours d’investiture, Romuald Wadagni a multiplié les appels à l’apaisement et à la reprise des discussions entre les différentes parties. Le président béninois a estimé que les défis sécuritaires auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest imposent une coopération renforcée entre les États voisins, malgré les divergences politiques.

« Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré le nouveau dirigeant béninois, plaidant pour une approche fondée sur « la stabilité, le dialogue et le respect ».

La présence de délégations de haut niveau des pays de l’AES à la cérémonie d’investiture a donné une portée diplomatique particulière à cet appel. Le Mali était représenté par son ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, le Burkina Faso par Karamoko Jean-Marie Traoré, tandis que le Niger avait dépêché son Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.

Le président béninois a également assuré de « la disponibilité du Bénin à agir de concert » avec les pays sahéliens dans la lutte contre le terrorisme et pour le renforcement d’une coopération régionale plus étroite.

Les déclarations de Romuald Wadagni traduisent une volonté de repositionnement diplomatique du Bénin après plusieurs mois de fortes tensions avec le Niger. Les relations entre Cotonou et Niamey s’étaient dégradées après le coup d’État de juillet 2023 ayant conduit au renversement du président Mohamed Bazoum.

Les autorités nigériennes avaient alors accusé le Bénin d’abriter des installations militaires étrangères destinées à déstabiliser le Niger, des accusations fermement rejetées par Cotonou. La fermeture prolongée de la frontière entre les deux pays avait également provoqué d’importantes perturbations économiques, notamment autour du transit du pétrole nigérien via le port de Cotonou.

Dans ce contexte, la nouvelle posture affichée par le président béninois apparaît comme une tentative de réconciliation diplomatique et de relance du dialogue régional. Tout en réaffirmant l’attachement du Bénin à la CEDEAO, Romuald Wadagni semble vouloir faire de son pays un intermédiaire crédible entre l’organisation ouest-africaine et les régimes militaires de l’AES.

« Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique », a soutenu le chef de l’État béninois, appelant à une vision commune de la souveraineté et de la sécurité régionales.

Prudence AGBALETI

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