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En RCA, le tribunal pénal spécial onusien ouvre le procès de l’ancien président François Bozizé accusé de crimes contre l’humanité

En République centrafricaine, le Tribunal pénal spécial, une juridiction onusienne, a ouvert mardi le procès de l’ancien président François Bozizé, accusé de crimes contre l’humanité pour des exactions commises par des membres de ses forces de sécurité entre 2009 et 2013.

Le procès devant le Tribunal pénal spécial, créé en 2015 pour juger les crimes graves commis pendant les conflits dans le pays, porte sur des exactions perpétrées dans une prison et un centre d’entraînement militaire à Bossembélé, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de la capitale, Bangui.

L’accusation reproche à M. Bozizé d’être responsable, en sa qualité de commandant militaire, des crimes commis par des membres de sa garde présidentielle et d’autres forces de sécurité, notamment « meurtres, disparitions forcées, tortures, viols et autres actes inhumains ».

Bozizé, âgé de 79 ans, est jugé par contumace. Il vit en exil en Guinée-Bissau depuis 2023, et les autorités locales refusent de l’extrader malgré un mandat d’arrêt international émis par le tribunal en 2024.

L’ancien président est le plus haut responsable jamais jugé par ce tribunal, qui souffre d’un manque de financement et d’un déficit chronique d’application des décisions.

L’avocate de Bozizé, Marie Edith Douzima-Lawson, s’est refusée à tout commentaire avant le procès, se contentant d’affirmer que la défense disposait d’« arguments solides ».

Trois anciens officiers militaires – Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy – sont également jugés et devraient comparaître.

Plus de 30 suspects recherchés par le tribunal dans d’autres affaires sont toujours en fuite, a indiqué Amnesty International dans un communiqué publié mardi.

Bozizé a pris le pouvoir par un coup d’État en 2003 et a gouverné jusqu’en 2013, date à laquelle il a été renversé par la coalition rebelle Séléka, majoritairement musulmane. Son éviction a déclenché des années de violence entre les combattants de la Séléka et les milices anti-balaka, à majorité chrétienne, faisant des milliers de victimes civiles.

Un accord de paix a été signé en 2019, mais six des quatorze groupes armés signataires s’en sont retirés par la suite. Les affrontements entre les forces gouvernementales, les milices alliées et les rebelles se poursuivent.

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