Les hauts fonctionnaires en charge du pilier « Diplomatie » de la Confédération des États du Sahel (AES) ont entamé, mercredi 17 juin 2026, à Bamako, une réunion de deux jours destinée à préparer la prochaine rencontre des ministres des Affaires étrangères et à renforcer la coordination diplomatique entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Les travaux sont présidés par l’ambassadeur Dié Milogo, chef de la délégation burkinabè, le Burkina Faso assurant actuellement la présidence tournante de la Confédération. Au cours de cette session, les représentants des trois pays examineront plusieurs textes politiques, juridiques et diplomatiques relatifs à la mise en œuvre de la feuille de route de l’An II de l’AES.
Cette rencontre constitue une étape préparatoire aux discussions ministérielles. Elle vise notamment à harmoniser les positions des trois États sur plusieurs dossiers stratégiques, parmi lesquels les relations avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux, la représentation extérieure de la Confédération ainsi que la défense des intérêts communs de l’espace sahélien.
La réunion intervient alors que l’AES poursuit son processus d’institutionnalisation. Initialement créée en septembre 2023 comme alliance de défense, l’organisation a franchi une nouvelle étape avec sa transformation en Confédération lors du sommet de Niamey du 6 juillet 2024. Quelques mois plus tard, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officialisé leur retrait de la CEDEAO avant d’approfondir leur coopération autour de trois axes majeurs : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement.
En février 2026, plusieurs protocoles additionnels ont été ratifiés à Bamako afin de renforcer le cadre juridique de la Confédération. Ces textes portent notamment sur la coordination diplomatique, la coopération en matière de défense et les mécanismes de développement commun.
À travers cette nouvelle réunion, les trois pays entendent transformer ces orientations politiques en mesures concrètes et opérationnelles. Les conclusions des travaux seront soumises aux ministres des Affaires étrangères avant d’éventuelles validations au plus haut niveau par les chefs d’État de la Confédération.
Dans un contexte marqué par la recomposition des alliances régionales et internationales, l’enjeu est de taille pour Bamako, Ouagadougou et Niamey. Les trois capitales cherchent désormais à renforcer leur capacité à défendre des positions communes dans les instances régionales et internationales, tout en consolidant l’autonomie politique et la visibilité de l’AES sur la scène diplomatique.
Prudence AGBALETI