Le ministre kényan de la Santé a ordonné mardi la suspension de la construction d’un centre de quarantaine pour les Américains atteints d’Ebola, au lendemain de sa condamnation pour outrage au tribunal qui avait déjà suspendu le projet.
Des responsables de l’administration Trump avaient déclaré que les États-Unis prévoyaient d’envoyer les Américains exposés à Ebola à l’étranger dans un nouveau centre au Kenya plutôt que de les rapatrier.
En mai, la Haute Cour avait ordonné l’arrêt des travaux dans l’attente d’une décision sur la plainte déposée par l’Ordre des avocats du Kenya et l’institut Katiba, un organisme de surveillance constitutionnelle. Ces derniers arguaient que le système de santé kényan, déjà fragile, était incapable de faire face à une éventuelle épidémie d’Ebola.
Malgré cette décision, la construction s’est poursuivie et la population locale a organisé une série de manifestations qui ont fait trois morts.
Le ministre de la Santé, Aden Duale, a été reconnu coupable d’outrage au tribunal lundi et convoqué à une audience de détermination de la peine mardi. Lors de cette audience, M. Duale a présenté ses excuses et a affirmé n’avoir jamais eu l’intention de « mépris, de saper ou de défier les décisions de justice ».
Le tribunal a accepté ses excuses et n’a pris aucune autre mesure contre le ministre.
Duale a défendu le centre de quarantaine, affirmant que les craintes qu’il représente une menace pour les populations locales étaient infondées.
« La crainte que le centre de Laikipia puisse servir de vecteur d’importation du virus Ebola dans les communautés environnantes est scientifiquement infondée », a-t-il déclaré.
Le gouvernement américain prévoit d’allouer 13,5 millions de dollars aux efforts de préparation du Kenya face à Ebola.