Les violences contre les civils s’intensifient au Mali, selon un rapport publié ce 29 juin par Human Rights Watch (HRW). L’organisation dénonce une multiplication des exactions depuis les offensives du 25 avril, qui ont marqué une nouvelle étape du conflit.
Le 25 avril, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé plusieurs attaques. Ces offensives ont notamment conduit à la prise de Kidal et à la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara.
Après ces événements, les forces armées maliennes, appuyées par les mercenaires russes de l’Africa Corps, ont renforcé leurs opérations. Dans le même temps, le Jnim a intensifié ses blocus contre les populations civiles, affirme Human Rights Watch.
L’ONG dit avoir documenté de nombreuses violations du droit international humanitaire imputables aux deux (2) camps. Faute de bilan officiel, elle recense au moins treize (13) civils tués et vingt-cinq (25) blessés à Gao et Kidal après les combats du 25 avril.
Le rapport indique également qu’entre le 6 et le 21 mai, les jihadistes ont incendié plus de quarante (40) véhicules civils. Ces véhicules se dirigeaient vers Bamako malgré le blocus imposé par le Jnim.
Human Rights Watch évoque aussi l’exécution publique d’un civil à Tonka, dans la région de Tombouctou. L’organisation signale des attaques répétées contre des camions-citernes depuis septembre 2025. Ces violences ont aggravé les pénuries de carburant et d’électricité. Elles ont aussi perturbé les écoles et ralenti l’activité économique.
L’organisation met également en cause les forces armées maliennes et leurs partenaires russes. Elle dénonce des opérations de contre-insurrection particulièrement violentes contre des communautés peules du centre du pays.
Selon HRW, trente-huit civils, dont vingt-trois enfants, ont été tués entre le 14 et le 17 mai. L’ONG attribue aussi plusieurs frappes meurtrières à l’armée malienne.
À Guimbé, le 25 avril, une frappe de drone aurait coûté la vie à douze (12) enfants et adolescents. À Téné, le 17 mai, une attaque contre une cérémonie de mariage aurait fait dix (10) victimes civiles.
Human Rights Watch précise avoir sollicité le ministère malien de la Justice pour obtenir une réaction. Aucune réponse n’avait été reçue au moment de la publication du rapport.
Le Jnim a, en revanche, répondu à l’organisation. Le groupe affirme que les civils visés avaient enfreint les règles imposées dans les zones sous son contrôle.
Rappelant que le droit international humanitaire interdit toute attaque délibérée contre les civils, Human Rights Watch appelle à une réaction internationale. L’ONG demande aux Nations unies et à l’Union africaine de soutenir des enquêtes indépendantes. Elle souhaite également la création d’une mission d’établissement des faits afin de préparer d’éventuelles poursuites contre les responsables de ces violations.
Prudence AGBALETI