En République démocratique du Congo (RDC), l’opposant Delly Sesanga affirme avoir été empêché de quitter le pays et s’être vu retirer son passeport. Le président du parti Envol dénonce une mesure d’« intimidation » dans un contexte de fortes tensions entre l’opposition et le pouvoir.
Ancien ministre et ex-député, Delly Sesanga figure parmi les principaux responsables de la coalition C64 (Coalition Article 64). Cette plateforme s’oppose au projet de réforme constitutionnelle qu’elle accuse de vouloir permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Au début du mois, le Parlement congolais a adopté un projet de loi prévoyant l’organisation d’un référendum sur une révision de la Constitution. Selon ses détracteurs, cette réforme pourrait ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi, dont le second mandat, actuellement le dernier autorisé par la Constitution en vigueur, doit s’achever en décembre 2028.
Les tensions se sont accentuées après une manifestation organisée le 12 juin à Kinshasa contre ce que l’opposition qualifie de « coup d’État constitutionnel ». Le rassemblement a été dispersé par les forces de l’ordre et des affrontements avec des militants pro-gouvernementaux ont fait plusieurs blessés, parmi lesquels Delly Sesanga.
Le bureau du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a condamné la mort d’au moins un manifestant lors de ces violences. Une nouvelle mobilisation de l’opposition est annoncée pour le 8 juillet.
Prudence AGBALETI