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Afrique du sud : Ramaphosa demande la suspension de son enquête de destitution

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a saisi la Haute Cour du Cap-Occidental pour tenter de suspendre la procédure parlementaire pouvant conduire à sa destitution. Il estime que la poursuite des travaux de la commission pourrait lui causer un « préjudice grave » avant la décision de la justice sur son recours.

Cette démarche concerne l’affaire dite de Phala Phala, du nom de la ferme privée du président où un vol d’argent liquide avait été signalé en 2020. Le dossier porte notamment sur une somme estimée à 580 000 dollars en espèces dont l’origine et la conservation ont suscité plusieurs interrogations.

Les avocats de Cyril Ramaphosa demandent que la commission parlementaire chargée de l’enquête suspende ses audiences jusqu’à l’examen de son recours contre le rapport d’une commission indépendante. Ce rapport constitue la base juridique de la nouvelle procédure parlementaire engagée contre le chef de l’État.

Une commission indépendante créée dans le cadre de l’article 89 de la Constitution avait estimé qu’il existait des éléments laissant penser que le président aurait pu violer ses obligations constitutionnelles. Cyril Ramaphosa conteste ces conclusions et affirme vouloir défendre ses droits devant les tribunaux.

En mai 2026, la Cour constitutionnelle sud-africaine a relancé la procédure en jugeant que le Parlement avait commis une erreur en rejetant précédemment le rapport de cette commission. La décision a ouvert la voie à la création d’une commission parlementaire de 31 membres chargée d’examiner l’affaire.

Malgré le recours présidentiel, la commission poursuit ses préparatifs afin d’organiser ses travaux et définir les modalités d’examen du dossier. Le Parlement et plusieurs acteurs politiques ont indiqué leur opposition à la demande de suspension déposée par le président.

L’affaire Phala Phala représente un nouveau défi politique pour Cyril Ramaphosa, qui avait déjà échappé à une première tentative de destitution en 2022. La procédure actuelle pourrait toutefois aller plus loin après l’intervention de la Cour constitutionnelle et la relance de l’enquête parlementaire.

Le tribunal doit désormais examiner la demande du président visant à suspendre temporairement les travaux de la commission. La décision attendue pourrait déterminer le calendrier de la procédure de destitution engagée contre le chef de l’État sud-africain.

Prudence AGBALETI

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