Le Cameroun prévoit que les recettes annuelles issues de projets miniers récemment lancés et d’un secteur aurifère fraîchement restructuré dépasseront, à court terme, les 1 000 milliards de francs CFA (1,75 milliard de dollars), surpassant ainsi le secteur pétrolier traditionnellement dominant, a déclaré le ministre des Mines.
Le pays a longtemps dépendu des exportations de pétrole brut pour ses recettes et ses devises. Toutefois, dans le cadre de sa stratégie de diversification économique, le gouvernement a intensifié ses efforts pour attirer des investissements dans son secteur minier encore largement inexploité, en visant la mise en valeur d’importants gisements de minerai de fer, de bauxite, d’or et de minéraux critiques.
Le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry, a annoncé lors d’une conférence de presse mercredi que cinq projets majeurs sont entrés en phase de production ou de mise en service.
Il s’agit notamment de la mine de bauxite de Minim-Martap, des projets de minerai de fer de Bipindi Grand-Zambi et de Kribi-Lobé, du projet de marbre de Bidzar et de la mine d’or de Colomine.
D’autres projets de minerai de fer à Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que les projets aurifères de Mborguene et Bibemi, devraient progresser au cours de l’année 2026, a précisé M. Gentry.
Les pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Sénégal, se tournent de plus en plus vers le secteur minier dans le but de diversifier leurs économies, de stimuler les exportations et d’attirer des investissements au-delà des secteurs traditionnels.
Les prévisions de recettes du Cameroun reposent également sur une refonte en profondeur du secteur aurifère, visant à capter d’importants volumes de production qui, selon les autorités, échappaient aux circuits officiels.
Avant cette réforme, M. Gentry a indiqué que 80 % à 90 % de l’or produit par les exploitants semi-mécanisés échappaient à la collecte par l’État.
Les autorités ont recensé plus de 200 exploitants miniers illégaux, traduit 137 entreprises en justice et suspendu tous les permis d’exploitation semi-mécanisée dans l’attente d’un contrôle de conformité.
Le gouvernement prévoit de recouvrer, grâce à des redressements fiscaux et douaniers, 95 milliards de francs CFA sur la production de 2025 et environ 300 milliards de francs CFA sur celle de 2026, des opérations conjointes de contrôle devant débuter le 1er août, a-t-il précisé.
À plus long terme, M. Gentry a affirmé que le développement prévu des terres rares et d’autres minéraux critiques pourrait doubler la contribution annuelle du secteur minier pour atteindre environ 2 000 milliards de francs CFA, faisant ainsi de l’industrie minière un moteur de croissance clé pour l’économie du pays.