Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a présenté, mercredi 15 juillet, à Bamako le bilan de cinq années d’action diplomatique. Le chef de la diplomatie a défendu une politique étrangère reposant sur la souveraineté, la réciprocité et la diversification des partenariats internationaux.
Selon Abdoulaye Diop, le Mali privilégie désormais des relations fondées sur le respect mutuel et la défense des intérêts nationaux. Cette orientation marque une rupture avec les rapports de dépendance dénoncés par les autorités de la transition malienne.
Abdoulaye Diop a également inscrit cette stratégie dans la « Vision Mali Kura 2063 », feuille de route nationale pour le développement. Ce programme prévoit plusieurs projets structurants dans l’agriculture, l’énergie, l’industrie et la valorisation du patrimoine national. Les autorités souhaitent attirer davantage d’investissements et de coopérations pour leur mise en œuvre. Sur le plan sécuritaire, le ministre a souligné la diversification des partenaires militaires et des fournisseurs d’équipements.
Il a notamment cité le renforcement des relations avec la Russie, la Chine, la Türkiye, l’Iran et le Rwanda. Abdoulaye Diop est également revenu sur les sanctions imposées au Mali par la CEDEAO et l’UEMOA en janvier 2022.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025, après une année de préavis. Les trois États ont toutefois confirmé leur maintien au sein de l’UEMOA et de l’Union monétaire ouest-africaine.
Bamako considère désormais la Confédération des États du Sahel (AES) comme son principal cadre d’intégration politique, économique et sécuritaire. Créée le 6 juillet 2024, cette confédération rassemble le Mali, le Burkina Faso et le Niger autour d’une coopération renforcée.
Le ministre a aussi mis en avant les avancées de la diplomatie culturelle malienne. Le Mali a été élu en juin 2026 au Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO pour le mandat 2026-2030.
Concernant les Nations unies, Abdoulaye Diop a appelé à une coopération fondée sur les priorités définies par Bamako. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a achevé son retrait en décembre 2023, conformément à une résolution du Conseil de sécurité.
Aucune nouvelle annonce diplomatique ou financière n’a été faite lors de cette conférence.
Le gouvernement malien a surtout réaffirmé sa volonté d’inscrire sa politique étrangère dans un ordre international qu’il juge plus multipolaire.
Prudence AGBALETI