A LA UNE Politique SIERRA LEONE

Sierra Leone : le Parlement adopte une réforme électorale contestée

Le Parlement de Sierra Leone a adopté, lundi, une vaste réforme constitutionnelle et électorale en vue de la présidentielle de 2028. Le texte, porté par le pouvoir mais rejeté par l’opposition, abaisse le seuil de victoire à la présidentielle et instaure la représentation proportionnelle.

Le Parlement de Sierra Leone a adopté lundi le projet de loi constitutionnel de 2025. Le texte réforme en profondeur les règles électorales avant la présidentielle prévue en 2028 dans le pays.

La séance a été marquée par une vive tension autour du seuil de vote requis. L’opposition, le Congrès de tout le peuple (APC), réclamait une majorité des deux tiers des votants. Le président de l’Assemblée a jugé qu’une majorité simple suffisait pour ces articles du texte.

Les députés de l’APC ont quitté l’hémicycle après le rejet de leur demande de majorité qualifiée. Le Parlement a ensuite poursuivi l’examen du texte, avant de l’adopter malgré ce départ de l’opposition.

La réforme abaisse le seuil de victoire à la présidentielle de 55% à 50% des suffrages, plus une voix. Le candidat devra aussi recueillir au moins 20% des voix dans deux tiers des districts.

Un second tour sera organisé si ces deux conditions ne sont pas réunies par le candidat en tête. Le pouvoir affirme que cette règle réduirait les coûts et les tensions liés à un second tour.

Le texte introduit également la représentation proportionnelle pour les élections législatives à venir dans le pays. Ses partisans estiment qu’elle favoriserait une meilleure représentation des femmes, des jeunes et des minorités.

Un quota de 30% de femmes est également prévu dans l’accès aux fonctions de gouvernance. L’APC soutient d’ailleurs ce quota de femmes, ainsi que l’ouverture du scrutin aux binationaux sierra-léonais.

En revanche, le parti défend le maintien du seuil actuel de 55% pour la présidentielle. Selon l’APC, ce seuil oblige les candidats à rechercher un soutien plus large dans le pays.

Le parti estime que cela renforce la légitimité du candidat finalement vainqueur du scrutin présidentiel. Le président Julius Maada Bio ne pourra pas briguer de troisième mandat en 2028, selon la Constitution.

Il avait appelé dimanche les députés à voter ce texte, dans l’intérêt du pays, selon lui. Le Parlement a ensuite ajourné ses travaux jusqu’au 29 octobre 2026, après l’adoption du texte.

Prudence AGBALETI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X