L’Afrique du Sud réclame 18 millions de dollars à cinq pays pour les frais d’évacuation de leurs ressortissants. Le Ghana n’en fait pas partie : Accra affirme avoir tout payé lui-même.
Accra a démenti jeudi devoir de l’argent à Prétoria pour le retour de ses citoyens. Le ministère des Affaires étrangères ghanéen affirme avoir couvert seul l’ensemble des frais de rapatriement.
Des médias sud-africains avaient révélé une demande de remboursement du ministère de l’Intérieur. Celui-ci réclamerait environ 18 millions de dollars à plusieurs gouvernements africains. Cette somme correspondrait aux frais engagés pour l’accueil et le transport de leurs ressortissants.
Cinq pays sont visés par cette demande : le Nigeria, le Malawi, l’Éthiopie, le Zimbabwe et le Mozambique. Le nom du Ghana n’apparaît sur aucune de ces listes, selon le ministère.
Accra explique n’avoir jamais demandé d’aide sud-africaine pour organiser ses évacuations. Le communiqué ministériel insiste : aucun soutien financier ou matériel n’a été sollicité auprès de Prétoria.
Plus de 1 600 Ghanéens ont quitté l’Afrique du Sud depuis mai dernier. Des vols affrétés et des liaisons commerciales ont permis ces retours, financés intégralement par l’État ghanéen et ses partenaires. Les opérations continuent.
Chaque personne rapatriée reçoit une aide à la réintégration à son arrivée à Accra. Le dispositif prévoit aussi une prise en charge des frais de transport vers sa région d’origine.
Le ministère garantit que le Ghana ne figurera « en aucun cas » sur la liste des débiteurs de Prétoria. Il rappelle sa détermination à protéger ses ressortissants à l’étranger, « quel qu’en soit le coût ».
Le président John Dramani Mahama avait déjà interpellé Pretoria sur ce dossier en juillet. Il avait reçu l’envoyé spécial sud-africain Ronald Lamola et critiqué la lenteur de la réponse face aux violences xénophobes.
Prudence AGBALETI