Le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a réaffirmé mardi le refus de son pays d’accepter des financements assortis de conditions politiques. Il a défendu une stratégie de développement fondée sur les ressources nationales, lors d’une audience avec un haut responsable du PNUD.
Le chef du gouvernement burkinabè a reçu mardi 18 août 2026 à Ouagadougou le Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le développement, Haoliang Xu. « Nous refusons les financements qui nous conditionnent au diktat », a déclaré M. Ouédraogo à l’issue de cet entretien, selon la Direction de la communication de la Primature.
Les échanges ont porté sur le Plan RELANCE, le nouveau référentiel national de développement du Burkina Faso pour la période 2026-2030. Ce programme quinquennal, d’un coût total de 36 190 milliards de francs CFA, prévoit de couvrir environ 65 % de ses besoins de financement grâce aux ressources nationales. Les 35 % restants sont attendus des partenariats internationaux.
« On ne peut pas revendiquer la souveraineté en tendant la main », a soutenu le Premier ministre. Il estime que la baisse des aides internationales renforce la détermination du pays à privilégier l’autonomie financière.
De son côté, le représentant du PNUD a salué la clarté du plan burkinabè. Il a indiqué que l’accompagnement des Nations Unies devait évoluer vers davantage d’expertise technique et de renforcement des capacités de l’État. Des mécanismes d’achats groupés destinés à réduire les coûts ont également été évoqués.
Cette rencontre s’inscrit dans une tournée de Haoliang Xu à travers les pays de l’Alliance des États du Sahel, à savoir le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette visite vise à adapter la coopération internationale aux priorités et aux choix souverains de ces États.
L’émissaire onusien avait auparavant été reçu par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui avait plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités du terrain par les partenaires internationaux.
Prudence AGBALETI