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Libye : quinze ans après Kadhafi, un pays toujours fragmenté

Quinze ans après la chute de Kadhafi, la Libye reste coupée en deux pôles rivaux. Un assassinat à Benghazi et des frappes de drones à Zawiya illustrent cette instabilité persistante.

Cela fait déjà quinze ans que  Mouammar Kadhafi a été assassiné. Et depuis, la Libye reste profondément fragmentée. Les espoirs nés de la révolution de 2011 ont cédé la place à une crise politique et sécuritaire durable, entretenue par deux pôles de pouvoir rivaux.

Les dernières violences illustrent cette fragilité persistante. À Benghazi, dans l’est du pays, le général Fauzi al-Mansouri, chef du renseignement militaire des forces du maréchal Khalifa Haftar, a été tué le 10 août dans un attentat à la voiture piégée.

Dans l’ouest, une série de frappes de drones a visé depuis le 8 août des infrastructures énergétiques à Zawiya. La raffinerie, une centrale électrique et une usine de dessalement ont notamment été touchées, sans faire de victimes.

Une division devenue difficile à dépasser

La transition politique n’a toujours pas permis de réunifier le pays. Les élections générales, promises depuis 2014, n’ont jamais pu être organisées jusqu’à présent. Au fil des années, les différents camps ont consolidé leur influence respective. Administrations, groupes armés et réseaux économiques ont développé leurs propres intérêts, rendant toute réunification plus complexe à négocier.

Les partis politiques, nombreux après 2011, ont depuis perdu de leur influence. Plusieurs personnalités qualifiées se tiennent également à l’écart d’une scène marquée par les rivalités.

Des signes de rapprochement existent néanmoins. Washington pousse un plan de réunification porté par son émissaire Massad Boulos, et les commandements de l’Est et de l’Ouest ont organisé des exercices militaires conjoints à Syrte en 2026.

Le pétrole entretient une interdépendance

L’économie pétrolière illustre ce paradoxe libyen. Une grande partie de la production provient de territoires contrôlés par le camp Haftar, tandis que les institutions gérant les revenus restent basées à Tripoli.

Malgré leur rivalité, les deux camps demeurent donc économiquement dépendants l’un de l’autre. Le partage des revenus pétroliers permet au système de fonctionner sans réunification politique complète. Quinze ans après la révolution, cette situation maintient un statu quo dont plusieurs acteurs tirent profit. Pour la population libyenne, elle éloigne toujours la perspective d’un État unifié et stable.

Prudence AGBALETI

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