Le chef de la secte kenyane Paul Mackenzie et 29 associés ont été inculpés mardi du meurtre de 191 enfants dont les corps ont été retrouvés parmi plus du double du nombre enterré dans une forêt.
Les accusés ont tous nié les accusations portées devant un tribunal de la ville côtière de Malindi. Un suspect a été jugé mentalement inapte à subir son procès. Les procureurs affirment que Mackenzie a ordonné à ses partisans de mourir de faim ainsi que leurs enfants afin qu’ils puissent aller au paradis avant la fin du monde, dans l’un des pires désastres liés aux sectes au monde dans l’histoire récente.
Cet ancien chauffeur de taxi devenu pasteur est en détention provisoire depuis le 14 avril, au lendemain de la découverte des premières victimes dans la forêt de Shakahola (sud-est du Kenya) où se réunissait l’Église internationale de Bonne Nouvelle qu’il a fondée en 2010. Il ordonnait à ses adeptes de jeûner jusqu’à la mort pour «rencontrer Jésus» avant la fin du monde qu’il prévoyait pour août 2023. Les recherches menées à Shakahola, vaste zone de «bush» de la côte kényane, ont permis d’exhumer 429 corps, certains enterrés depuis plusieurs années. Les autopsies ont révélé que la majorité des victimes sont mortes de faim. Certaines, dont des enfants, ont été étranglées, battues ou étouffées.
Mackenzie a été arrêté en avril dernier. Il a déjà été inculpé de crimes liés au terrorisme, d’homicide involontaire et de torture. Il a également été reconnu coupable en décembre de production et de distribution de films sans licence et condamné à 12 mois de prison.
Mackenzie interdisait aussi aux membres de la secte d’envoyer leurs enfants à l’école et d’aller à l’hôpital lorsqu’ils étaient malades, qualifiant ces institutions de sataniques, ont déclaré certains de ses partisans.
L’avocat de Mackenzie a déclaré qu’il coopérait à l’enquête sur ces décès. Les 30 accusés doivent revenir devant le tribunal le 7 mars pour une audience sur la caution, a indiqué le juge.