Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a ordonné lundi 12 février le déploiement de 2 900 soldats dans l’est de la République démocratique du Congo, malgré les objections du principal parti d’opposition de son pays.
Le bureau de Ramaphosa a déclaré que ce déploiement remplirait « l’obligation internationale » de son pays envers la force régionale de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dans l’est instable de la République démocratique du Congo.
La force régionale de la SADC, qui compte également des troupes du Malawi et de Tanzanie, a été déployée dans l’est de la République démocratique du Congo en décembre 2023 et est dirigée par un commandant sud-africain.
Les troupes sud-africaines « aideront à lutter contre les groupes armés illégaux » dans l’est de la République démocratique du Congo, selon un communiqué du bureau de Ramaphosa. La force régionale fait partie d’une coalition dirigée par le gouvernement congolais qui combat le groupe rebelle M23 dans la province du Nord-Kivu.
Lundi, les combats entre la coalition gouvernementale et le M23 se sont poursuivis à environ 25 kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. Le parti d’opposition sud-africain, l’Alliance démocratique, avait précédemment décrit le déploiement en République démocratique du Congo comme « une décision imprudente » qui servait les « priorités déplacées » du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, et a exhorté Ramaphosa à revenir sur sa décision.
L’Alliance démocratique a déclaré que les membres de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) n’avaient pas la capacité de mener une campagne anti-insurrectionnelle et « seraient à la merci des rebelles du M23 qui sont devenus adeptes des tactiques de guérilla ».
Le gouvernement congolais s’est tourné vers la force de la SADC après s’être brouillé avec la mission de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), que Kinshasa accusait d’être passive envers les rebelles du M23.
La force régionale de l’EAC a retiré ses troupes en décembre 2023, après un peu plus d’un an de déploiement. La force régionale de l’EAC a fait l’objet de critiques de la part du gouvernement congolais, ce qui a conduit à la démission de son premier commandant en raison de menaces pesant sur sa sécurité personnelle.