L’élection présidentielle au Sénégal est finalement prévue le 24 mars, a annoncé le Conseil constitutionnel dans un communiqué, jeudi 7 mars. L’institution s’est alignée sur la volonté de la présidence sénégalaise, qui avait déclaré mercredi que le premier tour aurait lieu le 24 mars, quand le Conseil constitutionnel le fixait, lui, au 31 mars.
Les candidats à la présidentielle sont ainsi confrontés à une course contre la montre devant reprendre leur campagne jusqu’au jour de l’élection.
L’incertitude quant à la date du scrutin s’est emparée de ce pays depuis début février, lorsque la tentative déjouée des autorités de reporter de 10 mois le scrutin du 25 février a provoqué de nombreuses protestations et des avertissements de recul démocratique.
La nouvelle date laisse aux 19 candidats un peu plus de deux semaines pour solliciter un soutien. Cela signifie également que, pour la première fois, la campagne aura lieu pendant le mois sacré du Ramadan, lorsque de nombreuses personnes jeûnent dans ce pays à majorité musulmane.
« C’est une situation sans précédent », a déclaré jeudi le candidat de l’opposition Thierno Alassane Sall dans un communiqué, exprimant l’espoir que l’élection « permettra de clore le chapitre douloureux qui vient de s’écouler ».
La confirmation de la date a également rassuré le marché de la dette. Les obligations internationales souveraines du Sénégal en dollars ont augmenté de plus de 2 cents jeudi, l’obligation 2048 atteignant son plus haut niveau depuis début janvier, selon les données de Tradeweb.
Avec un nombre record de candidats en lice, il y a de fortes chances qu’aucun d’entre eux ne remporte plus de 50 % des voix et évite un second tour.
Les récents troubles politiques pourraient également avoir joué en faveur de certains candidats. Un projet de loi d’amnistie proposé par Sall pour apaiser les tensions et adopté par le Parlement mercredi devrait conduire à la libération de Bassirou Faye, candidat soutenu par le leader de l’opposition populaire Ousmane Sonko.