Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a déclaré mercredi qu’il avait été contraint de suspendre ses opérations dans et autour du camp de déplacés de Zamzam, frappé par la famine, dans le nord du Darfour au Soudan, en raison de l’escalade de la violence.
« Des combats intenses dans le camp de Zamzam, dans la région soudanaise du Nord-Darfour, ont contraint » l’agence basée à Rome « à suspendre temporairement la distribution de nourriture et d’assistance nutritionnelle vitales dans le camp de personnes déplacées frappé par la famine ».
« Au cours des deux dernières semaines, l’escalade de la violence n’a laissé aux partenaires du PAM d’autre choix que d’évacuer le personnel pour des raisons de sécurité », indique le communiqué.
Les combats entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) se sont intensifiés ce mois-ci dans ce camp qui, selon les Nations Unies, abrite plus d’un demi-million de personnes.
« Sans aide immédiate, des milliers de familles désespérées à Zamzam pourraient mourir de faim dans les semaines à venir », a déclaré Laurent Bukera, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est et directeur pays par intérim pour le Soudan.
« Nous devons reprendre l’acheminement de l’aide vitale à Zamzam et dans ses environs en toute sécurité, rapidement et à grande échelle. Pour cela, les combats doivent cesser et les organisations humanitaires doivent bénéficier de garanties de sécurité », a déclaré Bukera.
Les FSR ont pris d’assaut Zamzam le 11 février, déclenchant deux jours d’affrontements avec l’armée et les milices alliées et forçant environ 10 000 familles à fuir, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
« Les récentes violences ont détruit le marché central de Zamzam par les bombardements, poussant les habitants du camp (…) à s’éloigner davantage de l’accès à la nourriture et aux fournitures essentielles », indique le communiqué du PAM.
La famine a été déclarée pour la première fois à Zamzam en août et s’est depuis propagée à deux autres camps de personnes déplacées près d’El-Fasher, la capitale du Darfour Nord.
Il devrait s’étendre à cinq autres zones, y compris El-Fasher lui-même, d’ici mai, selon une évaluation soutenue par l’ONU.
Avant les dernières violences, environ 1,7 million de personnes étaient déplacées rien qu’au Darfour Nord, et 2 millions de civils étaient confrontés à une insécurité alimentaire extrême, ont indiqué les Nations Unies.
Créé en 2004, Zamzam a accueilli des vagues de Soudanais déplacés pendant la guerre actuelle.