La Tunisie a démantelé des camps abritant des milliers de migrants sans papiers originaires d’Afrique subsaharienne, a annoncé la police, suite à une campagne menée contre eux sur les réseaux sociaux.
Environ 20 000 migrants avaient installé des tentes dans des champs des régions orientales d’El-Amra et de Jebeniana, a indiqué le porte-parole de la Garde nationale, Houcem Eddine Jebabli.
Il a précisé qu’environ 4 000 personnes de diverses nationalités avaient quitté l’un des camps évacués par les autorités et que les opérations se poursuivraient dans les prochains jours.
Certains migrants se sont « dispersés dans la campagne », les femmes enceintes et les personnes infirmes étant prises en charge par les autorités sanitaires, a-t-il ajouté.
Les camps ont suscité la colère des habitants des villages voisins, accentuant la pression sur les autorités.
Jebabli a indiqué que les habitants avaient intenté une action en justice contre l’occupation de leurs oliveraies par les migrants. « Il était de notre devoir de mettre fin à ce désordre », a-t-il déclaré.
Le 25 mars, le président tunisien Kaïs Saïed a appelé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à accélérer le retour volontaire des migrants en situation irrégulière dans leur pays d’origine.
Ces dernières années, la Tunisie est devenue un point de départ essentiel en Afrique du Nord pour les migrants traversant la périlleuse mer Méditerranée dans l’espoir de rejoindre l’Europe.
L’Italie a conclu des accords avec la Tunisie et la Libye pour fournir des financements en échange d’une aide visant à endiguer les départs.
L’Italie prévoit d’investir 20 millions d’euros dans un nouveau projet visant à aider l’Algérie, la Libye et la Tunisie à renvoyer les migrants en situation irrégulière de leurs territoires vers leurs pays d’origine.
Le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni s’est engagé à réduire l’immigration irrégulière vers les côtes italiennes en provenance d’Afrique du Nord, dont la majorité part de Libye et de Tunisie.
Mais nombre des migrants qui partent sont originaires d’autres pays, notamment d’Afrique subsaharienne.
Le nouveau plan italien « met l’accent sur le renforcement des capacités institutionnelles et administratives et de gestion des pays partenaires », avec la participation de 400 fonctionnaires, a indiqué le ministère italien des Affaires étrangères dans un récent communiqué.
La migration irrégulière serait mieux prise en compte « par l’amélioration et le développement des rapatriements volontaires assistés depuis l’Algérie, la Libye et la Tunisie vers leurs pays d’origine ».
Le projet collaborerait avec l’OIM pour garantir les droits des migrants.
Le ministère a indiqué que le plan bénéficierait à « environ 3 300 migrants parmi les plus vulnérables, en assurant leur rapatriement vers leurs pays d’origine de manière durable et efficace ».
L’Agence italienne de coopération au développement, qui contribue à la mise en œuvre des activités de développement, fournirait un soutien technique.
L’agence a également été chargée d’un autre plan visant à la « réintégration socio-économique des migrants de retour », faisant appel à des entreprises italiennes et à des organisations de la société civile.
Mercredi, les autorités libyennes ont annoncé la suspension des activités de dix organisations humanitaires internationales, dont Médecins sans frontières, les accusant de planifier l’installation de migrants originaires d’autres régions d’Afrique dans le pays.