Le gouvernement guinéen a créé une nouvelle institution chargée de gérer les élections, notamment le référendum constitutionnel prévu en septembre et les élections générales et présidentielles prévues en décembre.
La Guinée est l’un des nombreux pays d’Afrique de l’Ouest où l’armée a pris le pouvoir et retardé le retour à un régime civil. Le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis 2021, a accepté en 2022 de lancer une transition démocratique après la date butoir du 31 décembre 2024.
Le non-respect de cette date butoir par le pouvoir a provoqué des manifestations de l’opposition qui ont paralysé Conakry, la capitale guinéenne, en janvier.
La Direction générale des élections (DGE) sera chargée, entre autres, d’organiser les élections, de gérer le fichier électoral et de garantir l’équité du scrutin, a annoncé le président Doumbouya dans un décret lu à la télévision d’État samedi soir.
Les deux responsables de l’institution seront nommés par décret présidentiel, a-t-il ajouté. La DGE représentera également la Guinée auprès des instances électorales sous-régionales, régionales et internationales.
Le mois dernier, le Premier ministre Amadou Oury Bah a annoncé que les élections générales et présidentielles se tiendront en décembre 2025. Il a également confirmé l’organisation d’un référendum pour l’adoption d’une nouvelle constitution le 21 septembre, comme annoncé par le gouvernement en avril.
La crédibilité des élections suscite des inquiétudes. Le régime militaire a dissous plus de 50 partis politiques l’année dernière, prétendant vouloir « assainir l’échiquier politique ».
Il a également resserré son emprise sur les médias indépendants, dénoncent les organisations de défense des droits humains. Les réseaux sociaux et les radios privées sont souvent coupés, et les sites d’information sont interrompus ou suspendus pendant plusieurs mois sans explication, tandis que les journalistes sont victimes d’agressions et d’arrestations.