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La CEDEAO suspend la Guinée-Bissau de ses instances décisionnelles suite au coup d’État militaire de mercredi

La CEDEAO, organisation régionale ouest-africaine, a annoncé la suspension de la Guinée-Bissau de ses instances décisionnelles suite à la prise de pouvoir par l’armée mercredi, trois jours après les élections nationales.

Dans un communiqué publié jeudi soir, la CEDEAO a déclaré avoir décidé de « suspendre la Guinée-Bissau de toutes ses instances décisionnelles jusqu’au rétablissement complet et effectif de l’ordre constitutionnel dans le pays ».

La CEDEAO a également indiqué se « réserver le droit d’utiliser toutes les options » prévues par ses règles, « y compris des sanctions contre toutes les entités jugées coupables de perturbation du processus électoral et démocratique ».

Jeudi, des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé la nomination d’un président de transition, officialisant ainsi une prise de pouvoir par la force, amorcée après l’élection présidentielle contestée de cette semaine. Le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, s’est réfugié au Sénégal voisin.

L’opposition, quant à elle, a affirmé qu’Embaló avait orchestré le coup d’État pour éviter une défaite électorale lors du scrutin présidentiel de dimanche, très disputé.

Le Haut Commandement militaire a levé vendredi le couvre-feu imposé lors de son coup d’État et autorisé la circulation des personnes et des transports en commun dans tous les quartiers de la capitale, Bissau.

Le calme est revenu dans la capitale, la circulation des personnes et des véhicules reprenant son cours normal après la levée des barrages militaires. La principale bourse et les marchés des districts périphériques, ainsi que les banques commerciales, ont également rouvert leurs portes.

La CEDEAO a annoncé qu’une équipe de médiation, conduite par son président et comprenant les présidents du Togo, du Cap-Vert et du Sénégal, se rendra à Bissau pour « dialoguer avec les auteurs du coup d’État en vue d’assurer le rétablissement intégral de l’ordre constitutionnel ».

Largement considérée comme la principale autorité politique et régionale d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, qui regroupe 15 pays, a été créée en 1975 pour promouvoir l’intégration économique de ses États membres. Elle collabore fréquemment avec les gouvernements de ses membres pour résoudre les problèmes internes sur divers fronts, qu’ils soient politiques, économiques ou sécuritaires.

Ces dernières années, elle a éprouvé des difficultés à faire annuler les coups d’État survenus dans la région, où les citoyens se plaignent de ne pas bénéficier des abondantes ressources naturelles.

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