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L’Ouganda lance un système judiciaire de « tribunal mobile » avec le procès d’un homme accusé d’avoir tué quatre enfants

Le procès d’un Ougandais accusé du meurtre de quatre enfants s’est ouvert lundi sous une tente, non loin du lieu du crime. Le président avait ordonné la tenue d’une audience mobile, ouverte au public.

Il s’agit du premier test de ce système controversé d’audiences mobiles, conçu pour permettre à la population de suivre directement les affaires suscitant un vif intérêt.

Le suspect, Christopher Okello Onyum, est accusé d’avoir tué les enfants à la machette dans une école maternelle de la banlieue de Kampala, la capitale ougandaise, le 2 avril. Le mobile de ce crime, qui a profondément choqué l’opinion publique, reste flou.

Onyum a plaidé non coupable des quatre chefs d’accusation de meurtre.

Selon des témoins, l’assaillant a ciblé l’école maternelle Gaba Early Childhood Development Program en se faisant passer pour un parent. Il aurait brièvement parlé avec le personnel avant de verrouiller le portail et d’attaquer les enfants.

Une foule en colère a ensuite tenté de lyncher Onyum, qui a été secouru et placé en garde à vue par la police. Il risque la peine de mort s’il est reconnu coupable.

L’ordre donné par le président Yoweri Museveni de faire juger l’affaire rapidement et publiquement dans un tribunal mobile a suscité la controverse. Certains critiques estiment qu’il risque de donner un caractère sensationnaliste à une affaire douloureuse pour les familles endeuillées, tout en entravant le cours de la justice.

Dans un communiqué, l’Ordre des avocats de l’Ouganda a déclaré que la directive présidentielle s’apparentait à une ingérence du pouvoir exécutif et portait atteinte au droit du suspect à un procès équitable.

« Ce n’est pas de la justice », a déclaré l’Ordre. « C’est un lynchage judiciaire. »

Des centaines de personnes se sont rassemblées pour le procès, qui se tenait sous une grande tente dressée dans l’enceinte d’une église.

C’est la première fois que des tribunaux mobiles sont mis en œuvre depuis la publication, en mars, d’un avis juridique précisant leurs modalités de fonctionnement.

Le pouvoir judiciaire a défendu sa décision, affirmant qu’elle soulignait son « engagement à rendre la justice plus accessible au peuple grâce à des approches novatrices ».

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