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Tanzanie : une avancée génétique prometteuse contre le paludisme

La Tanzanie franchit un nouveau cap dans la lutte contre le paludisme en misant sur une technologie de pointe fondée sur la modification génétique des moustiques. Ceci, dans le but de bloquer la transmission de la maladie à la source.

À Dar es Salaam, les autorités sanitaires ont annoncé l’introduction d’une approche innovante reposant sur des moustiques génétiquement modifiés, incapables de transmettre le parasite responsable du paludisme. Cette stratégie marque un tournant dans la lutte antivectorielle, en ciblant directement le mécanisme de propagation plutôt que l’insecte lui-même.

Selon le ministère tanzanien de la Santé, des chercheurs locaux ont franchi une étape majeure en développant, pour la première fois sur le continent, une souche de moustiques compatible avec le forçage génétique. Cette technologie permet de diffuser rapidement une modification génétique au sein d’une population de moustiques, afin de neutraliser les parasites présents dans leur organisme.

Dans plusieurs régions du pays, le paludisme demeure un enjeu sanitaire majeur. Malgré les progrès réalisés grâce aux moustiquaires imprégnées et aux campagnes de pulvérisation d’insecticides, l’efficacité de ces mesures tend à diminuer face à la résistance croissante des moustiques.

Lancée en 2023, cette initiative propose une approche alternative : au lieu d’éliminer les moustiques, elle vise à rendre ces derniers incapables de transmettre la maladie. Si son efficacité et sa sécurité sont confirmées à grande échelle, cette innovation pourrait compléter les dispositifs existants et accélérer les efforts d’éradication.

Cette avancée s’inscrit dans le cadre du programme Transmission Zéro, qui a permis de renforcer les compétences locales en biologie moléculaire, en génétique et en lutte contre les vecteurs de maladies.

Au-delà de la prouesse scientifique, les autorités saluent une réussite stratégique : celle d’une recherche portée par des institutions africaines, en collaboration avec des partenaires internationaux. Le développement local de ces moustiques modifiés constitue également un atout, garantissant une meilleure adaptation aux réalités sanitaires du pays.

Classée parmi les nations les plus touchées par le paludisme, la Tanzanie pourrait ainsi disposer d’un levier supplémentaire pour réduire significativement l’impact de cette maladie endémique.

Prudence AGBALETI

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