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Mali : Assimi Goïta renforce son emprise sur l’appareil sécuritaire

Au Mali, le président de la transition, Assimi Goïta, a décidé de reprendre personnellement les rênes du ministère de la Défense, plus d’une semaine après la disparition de Sadio Camara. L’annonce a été faite ce 4 mai dans l’après-midi à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Alfousseyni Diawara, qui a également le rang de ministre.

Dans le même décret, le chef de l’État a nommé le général Oumar Diarra au poste de ministre délégué auprès du ministre de la Défense. Le texte précise que ce dernier bénéficie d’un rang protocolaire immédiatement inférieur à celui des ministres d’État. À ce jour, deux membres du gouvernement disposent de ce statut : le général Ismaël Wagué, figure du coup d’État d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, et Alousséni Sanou.

Ces décisions interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par la mort de Sadio Camara, tué le 25 avril lors d’une attaque contre son domicile. Le même jour, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé des offensives coordonnées contre plusieurs positions militaires, permettant notamment la reprise de Kidal. Resté silencieux pendant trois jours, Assimi Goïta s’était exprimé le 28 avril lors d’une adresse à la nation, affirmant que la situation était « maîtrisée » et que les forces armées avaient infligé un « violent coup d’arrêt » aux assaillants.

En assumant directement la direction du ministère de la Défense, le chef de l’État consolide son contrôle sur l’appareil sécuritaire. Quelques jours auparavant, il avait reçu à Bamako une délégation de responsables russes conduite par l’ambassadeur Igor Gromyko, illustrant l’importance du partenariat stratégique avec Moscou. Les discussions ont notamment porté sur la poursuite de la coopération avec Africa Corps, rattachée au ministère russe de la Défense. Jusqu’à sa mort, Sadio Camara constituait l’interlocuteur privilégié de la junte dans ce dossier ; Assimi Goïta reprend désormais ce rôle.

La nomination du général Oumar Diarra s’inscrit également dans cette dynamique. Proche du chef de l’État, il avait été promu chef d’état-major général des armées deux semaines seulement après le renversement d’Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020.

En cumulant les fonctions de président de la transition et de ministre de la Défense, Assimi Goïta retrouve des prérogatives qu’il exerçait déjà en tant que vice-président entre septembre 2020 et mai 2021. À cette époque, il supervisait les questions sécuritaires avant d’écarter le président de transition Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane, consolidant ainsi son pouvoir à la tête de l’État.

Prudence AGBALETI

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