Le Burkina Faso et le Bénin entendent ouvrir une nouvelle phase dans leurs relations diplomatiques, économiques et sécuritaires. En visite officielle à Ouagadougou, mardi 02 juin, le président béninois Romuald Wadagni a été reçu par son homologue burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, au palais présidentiel de Koulouba, où les deux chefs d’État ont affiché leur volonté commune de renforcer les liens entre leurs pays.
Cette rencontre de haut niveau a permis aux deux dirigeants de passer en revue les principaux dossiers de coopération bilatérale et d’examiner les perspectives de partenariat dans plusieurs secteurs jugés stratégiques. À l’issue des échanges, les autorités des deux pays ont insisté sur la nécessité de consolider une relation fondée sur la confiance mutuelle, la solidarité et la défense d’intérêts communs.
Dans le communiqué conjoint présenté par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, la visite du président béninois a été qualifiée d’étape importante dans le processus de relance des relations entre Ouagadougou et Cotonou. Les deux parties ont réaffirmé leur détermination à intensifier leur collaboration face aux défis auxquels elles sont confrontées, notamment en matière de sécurité et de développement économique.
Les questions sécuritaires ont occupé une place centrale au cours de la séance de travail. Le Burkina Faso continue de faire face à la menace des groupes armés terroristes qui déstabilisent plusieurs zones du pays et de la sous-région. Les présidents Ibrahim Traoré et Romuald Wadagni ont souligné l’importance d’une coopération renforcée entre les États ouest-africains afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme, l’extrémisme violent et les différentes formes de criminalité transfrontalière.
Les deux dirigeants ont également insisté sur la nécessité de développer des mécanismes de collaboration permettant un meilleur partage des renseignements, une coordination accrue des actions de sécurité et une mobilisation collective en faveur de la paix et de la stabilité régionales.
Sur le plan économique, les discussions ont porté sur plusieurs domaines susceptibles de stimuler les échanges entre les deux pays. Le commerce, l’industrie, les infrastructures, la formation professionnelle ainsi que les services logistiques figurent parmi les secteurs identifiés comme prioritaires pour approfondir la coopération.
Le rôle du port de Cotonou a notamment été mis en avant lors des échanges. Principal débouché maritime du Burkina Faso, pays enclavé, cette infrastructure constitue un maillon essentiel pour l’approvisionnement de l’économie burkinabè.
Les deux chefs d’État ont convenu de travailler à l’amélioration de la fluidité des corridors de transport reliant le Burkina Faso au littoral béninois afin de faciliter la circulation des marchandises et de réduire les contraintes logistiques auxquelles sont confrontés les opérateurs économiques.
Les autorités burkinabè et béninoises souhaitent également accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets de coopération restés en attente. Dans cette optique, les deux parties ont annoncé leur volonté d’organiser dans les meilleurs délais la cinquième session de la Grande Commission mixte de coopération, un cadre institutionnel destiné à suivre et à renforcer les engagements pris entre les deux États.
Cette rencontre devrait permettre d’examiner l’état d’avancement des différents accords bilatéraux et de finaliser plusieurs textes visant à approfondir le partenariat dans des secteurs clés du développement.
Au-delà des questions politiques et économiques, les deux chefs d’État ont salué les relations historiques qui unissent les peuples burkinabè et béninois. Ils ont mis en avant la qualité de l’intégration des communautés vivant de part et d’autre des frontières ainsi que les nombreux liens humains, culturels et commerciaux qui contribuent depuis plusieurs décennies au rapprochement des deux nations.
La visite officielle de Romuald Wadagni à Ouagadougou s’est achevée sur une note diplomatique favorable. Le président béninois a adressé une invitation officielle au capitaine Ibrahim Traoré à effectuer une visite au Bénin. Une perspective qui témoigne de la volonté des deux pays de maintenir un dialogue politique régulier et de poursuivre les efforts engagés en faveur d’une coopération plus étroite, au service du développement économique, de la sécurité régionale et de l’intégration ouest-africaine.
Prudence AGBALETI