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Burkina Faso : Ouagadougou dénonce une résolution et interpelle l’UE

Le Burkina Faso a officiellement protesté contre une récente résolution du Parlement européen et les déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart, jugées « mensongères » et empreintes de « mépris » par les autorités burkinabè.

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu lundi 22 juin, à Ouagadougou le chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, Philippe Bronchain, pour lui faire part du mécontentement du gouvernement. Cette réaction intervient quelques jours après l’adoption, le 18 juin, d’une résolution du Parlement européen portant sur la situation des libertés fondamentales et de l’espace civique dans le pays.

Selon le chef de la diplomatie burkinabè, cette rencontre visait à exprimer la « désapprobation », la « déception » et le « dégoût » suscités par le texte adopté à Strasbourg ainsi que par les propos tenus lors des débats parlementaires.

Karamoko Jean Marie Traoré a notamment accusé l’eurodéputé français Christophe Gomart d’avoir relayé des informations erronées sur la situation du Burkina Faso et de méconnaître les efforts consentis par les autorités dans la lutte contre l’insécurité.

« Notre pays se bat depuis longtemps contre l’insécurité aux côtés du Mali et du Niger. Voir un parlementaire avancer des chiffres erronés sur un pays qu’il n’a jamais visité revient à souiller la sacralité du Parlement européen par un discours aux relents néocoloniaux », a déclaré le ministre.

Le chef de la diplomatie burkinabè a également dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays. Il a rappelé que le Burkina Faso exerce pleinement sa souveraineté dans la conduite de sa politique sécuritaire et dans la gestion de son espace civique.

Évoquant les causes de l’instabilité au Sahel, Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs estimé que certains responsables européens faisaient abstraction des conséquences de l’intervention de l’OTAN en Libye sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la région.

De son côté, Philippe Bronchain a indiqué avoir pris note des préoccupations exprimées par les autorités burkinabè et s’est engagé à transmettre leur message aux instances compétentes de l’Union européenne.

Cette nouvelle passe d’armes illustre les tensions persistantes entre Ouagadougou et certaines institutions européennes. Depuis plusieurs mois, les questions liées à la sécurité, aux libertés publiques et à la souveraineté nationale alimentent régulièrement les divergences entre les autorités burkinabè et leurs partenaires européens.

Prudence AGBALETI

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