Le Parlement sénégalais a adopté, lundi 29 juin, un projet de réforme constitutionnelle redéfinissant les rapports entre le président de la République, le gouvernement et l’Assemblée nationale. Approuvé à une large majorité, le texte suscite une vive contestation de l’opposition, tandis que l’éventualité d’un référendum demeure sur la table.
Les débats se sont déroulés dans un climat particulièrement tendu. Une partie de l’opposition a boycotté la séance, alors que des affrontements ont éclaté aux abords de l’Assemblée nationale entre manifestants et forces de sécurité. Les policiers ont eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements opposés au projet.
Portée par la majorité du parti Pastef, la réforme prévoit de renforcer les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre, tout en limitant certaines prérogatives du président Bassirou Diomaye Faye. Le texte prévoit notamment d’interdire au chef de l’État de diriger un parti politique et d’accroître le partage de la conduite de l’action gouvernementale avec le Premier ministre.
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a défendu la validité de l’adoption du texte. S’appuyant sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel, il estime que la majorité qualifiée des trois cinquièmes obtenue lors du vote vaut à la fois adoption et approbation de la réforme. Il a annoncé son intention de transmettre le texte au président de la République pour promulgation.
L’opposition rejette toutefois cette lecture. Le député Abdou Mbow considère qu’une réforme institutionnelle de cette importance doit obligatoirement être soumise au peuple par référendum.
Le gouvernement a, de son côté, indiqué qu’une consultation populaire restait envisageable, sans préciser de calendrier ni les modalités d’organisation. L’hypothèse d’un référendum demeure ainsi ouverte dans un contexte de fortes tensions politiques.
Prudence AGBALETI