Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, le 30 juin, la loi ratifiant la création de l’Office malien des substances précieuses (OMASP). Cette nouvelle structure centralisera la commercialisation de l’or artisanal et des autres substances précieuses.
Adopté à l’unanimité par 120 voix, le texte confirme l’ordonnance du 10 avril 2026 instituant cet établissement public. Placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce, l’OMASP renforcera le contrôle de l’État sur la filière.
L’Office aura pour mission d’assurer la commercialisation de l’or, de garantir sa traçabilité et de certifier les lingots destinés à l’exportation. Il collaborera également avec les comptoirs privés, les collecteurs agréés et les autres acteurs du secteur.
L’OMASP sera le seul organisme habilité à exporter l’or provenant de l’orpaillage et des petites mines. Cette mesure vise à réduire la contrebande et à limiter les pertes de recettes liées aux exportations frauduleuses.
Le gouvernement justifie cette réforme par les écarts observés entre les volumes d’or déclarés au Mali et ceux enregistrés dans certains pays importateurs. Ces différences révèlent, selon les autorités, d’importantes sorties illicites du métal précieux.
Premier produit d’exportation du Mali, l’or demeure un pilier de l’économie nationale. En 2022, la production a atteint 72,227 tonnes, dont six tonnes issues de l’orpaillage, selon les données officielles du gouvernement.
Les autorités poursuivent ainsi les réformes engagées depuis 2023 pour renforcer la gouvernance du secteur minier. Le nouveau Code minier accroît notamment la participation de l’État dans les projets d’exploitation et renforce les obligations des opérateurs.
Cette réorganisation intervient alors que la production industrielle d’or a reculé en 2025, notamment en raison des difficultés rencontrées par le complexe minier de Loulo-Gounkoto. Le gouvernement entend ainsi mieux valoriser les ressources nationales et sécuriser les recettes publiques.
La création de l’OMASP accompagne également la stratégie de transformation locale de l’or. Une raffinerie, en construction à Sénou près de Bamako, doit renforcer la traçabilité, limiter les exportations d’or brut et accroître la valeur ajoutée créée au Mali.
Prudence AGBALETI