Le Tchad a appelé la Cour pénale internationale (CPI) à poursuivre tous les auteurs de crimes internationaux, sans distinction de nationalité ou d’origine. Cette position a été exprimée lundi 6 juillet, à N’Djamena par le ministre d’État chargé des Affaires étrangères, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, lors d’une rencontre avec la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, en mission officielle dans le pays.
Le chef de la diplomatie tchadienne a réaffirmé l’engagement de son pays à respecter ses obligations internationales et à maintenir une coopération étroite avec la juridiction basée à La Haye. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une justice appliquée de manière impartiale à tous les responsables de crimes internationaux.
Selon lui, la CPI ne devrait pas être perçue comme une institution traitant principalement des dossiers africains. Il a estimé que les mêmes principes de justice et d’équité doivent s’appliquer à tous les suspects, quel que soit leur pays d’origine ou leur appartenance.
En réponse, Nazhat Shameem Khan a rappelé que la Cour a également instruit des affaires concernant des États situés hors du continent africain. Elle a souligné que le mandat de la CPI est universel et ne se limite pas aux situations africaines.
Cette prise de position intervient alors que la CPI continue de faire face à des critiques récurrentes en Afrique. Plusieurs dirigeants africains dénoncent une justice jugée sélective, estimant que la Cour concentre une part importante de ses enquêtes sur le continent.
Le débat s’est intensifié après l’annonce du retrait de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Les trois pays accusent la juridiction internationale de s’être éloignée de ses principes fondateurs en adoptant une approche qu’ils qualifient de politisée et sélective.
Les échanges entre les responsables tchadiens et la procureure adjointe ont également porté sur les conséquences sécuritaires et humanitaires du conflit au Soudan. Une attention particulière a été accordée à la situation au Darfour, où la CPI enquête depuis plusieurs années sur des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’autres graves violations des droits humains.
Prudence AGBALETI