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Manifestation à Tunis : vie chère, libertés et pannes d’électricité dénoncées

Samedi 25 juillet 2026, environ 2 500 personnes ont manifesté à Tunis contre le président Kaïs Saïed. Cinq ans après son coup de force, ils dénoncent la crise sociale, les coupures d’électricité et les tensions avec Paris.

Selon l’Agence France-Presse (AFP), environ 2 500 personnes ont défilé samedi 25 juillet à Tunis contre le président et la détérioration des conditions de vie, alors que le pays vit une vague de chaleur marquée par des coupures d’électricité et parfois d’eau. Ce rassemblement coïncidait avec le cinquième anniversaire de la suspension du Parlement par Kaïs Saïed.

Les manifestants ont scandé « Dégage ! » et dénoncé l’absence d’eau et d’électricité, ne trouvant selon eux que prison et hausse des prix. D’autres pancartes réclamaient la libération des prisonniers et critiquaient la baisse du pouvoir d’achat, ont rapporté des journalistes présents sur place.

Élu en 2019 sur un discours de rupture avec la classe politique traditionnelle, Kaïs Saïed avait, le 25 juillet 2021, suspendu le Parlement et concentré les pouvoirs exécutifs entre ses mains. Depuis, opposants et ONG dénoncent un recul continu des droits et des libertés publiques dans le pays.

Le porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri a expliqué la mobilisation à l’AFP. Wissem Sghaier a affirmé que les manifestants étaient sortis pour demander des comptes et dénoncer les dysfonctionnements de l’État. D’autres participants, comme des universitaires, ont insisté sur un appel citoyen à retrouver les principes fondateurs de la République.

De nombreux opposants ont été condamnés à de lourdes peines de prison, tandis que plusieurs figures politiques, journalistes, avocats et militants restent en détention ou en exil. Le pouvoir justifie ces mesures par la nécessité de protéger l’État et de préserver la souveraineté nationale.

La colère populaire s’explique aussi par une crise énergétique sévère. Ces derniers jours, une intense vague de chaleur a provoqué de nombreux incendies de forêt et de multiples coupures d’électricité et d’eau à travers le pays. Plus de 2 500 personnes ont ainsi dénoncé la situation économique et les coupures des services essentiels, selon l’AFP.

À cette crise intérieure s’ajoute une tension diplomatique avec la France. La Tunisie a convoqué l’ambassadrice française après la diffusion sur France 24 d’un entretien avec Moncef Marzouki, jugé hostile par les autorités tunisiennes. Le gouvernement tunisien a dénoncé une ingérence inacceptable, estimant que le caractère public du média engageait la responsabilité morale de l’État français.

Lors de ses entretiens accordés cette semaine à France 24, Moncef Marzouki avait affirmé que la Tunisie traversait une crise politique d’une gravité exceptionnelle. Il vit en exil en France et reste un opposant régulier au président Kaïs Saïed.

Prudence AGBALETI

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